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L'aventure d'une Elfe

Jeudi 28 septembre 2006

Par Arwen - Publié dans : L'aventure d'une Elfe

Le début, c'est ici
L'épisode précédant, c'est par la



Chapitre 17

Des Réponses et leurs questions

    Je ressentais clairement que le sort lancé provenait d'une source noire. Ce Rire atroce... Mon analyse rapide me fit comprendre que je ne pourrais lever aucun cercle de protection et que les faucons voire même Tharic sucomberont si je n'agisais pas. Mon instinct me guida et c'est avec le mana bleu que je pourrais nous protéger.
Le bleu de mes yeux s'intensifia et je lançai une
fuite de mana sur le sort du mage inconnu et invisible. Je nous pensais sortis d'affaire mais le sorcier devait se préparer depuis un certain temps, j'avais senti du mana noir combler la fuite. Le rire lointain allait donc reprendre sa force destructrice. Je lançai rapidement un rembobinage, recouvrant le mana utilisé, prette a agir de nouveau. Cette fois fut la bonne. Le rire se dissipa et un mouvement dans les fourés fut visible. Le mage fuyait.
"Tout va bien? demandai-je anxieuse. Personne de m... d'affaibli?
-Non s'étonna Tharic. Que s'est-il passé?
-Tu as ressenti quelque chose?
-Pas exactement. J'ai juste entendu un rire au loin. Pas rassurant."
Je soupirai de soulagement. Mais ce garçon m'étonnait de plus en plus a chaque fois.

    Nous levâmes le camp plusieurs heures plus tard. Ce lieu n'était pas aussi sécurisant qu'il n'y parraissait finalement. Nous partimes donc avec les chevaux et l'âne dans la forêt profonde. une drole d'impression me parcourait le dos, comme si notre petit groupe était englobé dans un flou étrange. Tharic éternua. je remarquai alors qu'il faisait froid. Un froid hivernal. D'aillieurs, certains arbres n'avaient plus de feuilles... Nous étions pourtant en fin d'hivers, et même en début de printemps dans ces contrées. J'haussais les épaules et refermai ma cape autour du cou. De la vapeur d'eau nous entourait à chacune de nos respirations. Si je faisais abstraction du calendrier et écoutait la nature, nous étions en plein milieu de l'hivers

    Le ciel s'était obscurci et les oiseaux avaient deserté les lieux depuis de nombreux miles. Tharic, qui n'avait pas l'habitude du froid étant resté la plus part de sa vie dans l'enceinte protégée de Thérentia, se couvrit de plusieurs couches de vêtement:
"Dame Arwen, grelotta-t-il, Puis-je vous demander quelque chose?
- Bien sur, à quel propos?
- Tout à l'heure, vous avez lancé deux sorts, c'est bien ça?
- En effet.
- A quoi servaient-ils?
- Le premier se nomme Fuite de Mana. C'est un sort instentané ou éphémère qui permet de contrer un autre sort.
- Cela n'a pas fonctionné?
- D'une certaine façon, si. Ce sort permet de contrer mais le mage adverse peut, s'il le désire, renforcer son sort par un flux de trois manas.
- D'où le nom de fuite... et c'est ce que le mage a fait pour que son sort continue.
- Extact.
- Mais vous avez lancé un autre sort.
- Oui, j'ai lancé un rembobinage. C'est un ephémère aussi. Il contre le sort adverse purement et simplement puis il restitue le mana utilisé pour le lancer.
- Donc le sor du mage s'est dissipé.
- En quelques sorte."
Les pas des chevaux étaient assourdis par la mousse et les feuilles mortes au sol. Tharic repris, une once de peur dans la voix:
"Mais ces contres... ils peuvent empécher une invocation?
- Oui, une invocation est un sort aussi.
- Mais que devient la créature?
- On dit en terme technique qu'elle part au cimetière ou qu'elle est défaussée.
- Elle... meurre?
- Pas exactement. En fait, à part quelques sorts de nécromencie, tu ne peux plus invoquer cette créature. Elle est comme indisponible le temps du combat.
- Mais on la récupère après le combat, hein?
- La plus part du temps oui.
- Ce n'est pas très.. rassurant"


    Tharic s'enferma alors dans un mutisme que je pris pour de la réflexion plus que de la bouderie. Il était après tout Historien et surtout curieux et doué. Je m'attendais donc à une prochaine question qui ne tarda pas.
"Quel était le sort du mage adverse?
- C'est apparemment un éphémère dit affaiblissement.
- apparemment? Vous ne le connaissez pas?
- Non, je ne connais pas tous les sorts du multivers Tharic. Les plus anciens sont puissants mais rare ou très chers0 Peu de mages sont prets a les apprendre aux autres mages. Et les plus recents sont changeants et évolutifs. Une base est toujours la, elle suit une certaine mode. Les autres sorts apparaissent avec l'accès à de nouveaux plans. Et je pense que ce sort résulte d'un de ces nouveaux plans.
- Mais comment rester à la mode?
- En restant à l'écoute des nouvelles du monde... Ce qui n'est pas notre cas actuellement.
- Je suis curieux de savoir ce que faisait ce sort.
- Il tue.
- il... Tue?
- Pas moi directement. Il est probable que tu aurait été touché. Mais il aurait tué les faucons et affaibli les chevaux.
- Pourquoi aurais-je été touché par un sort qui visiblement n'atteind que les invocation?
- Tu es mon élève et de ce fait, tu es lié par un pacte de mana.
- Comme... une simple créature? fit mon élève d'un ton de dénigrement.
- Humains, Elfes, Faucon, Chevaux... nous sommes tous des créatures, dis-je sévèrement. Tu te rappelle de mon combat contre le mage à Thérentia? La Meneuse est une Elfe et je l'ai invoquée.
- Je suis... désolé si je vous ai vexé.
- Ce n'est pas grave... tu apprend."

    Notre petit groupe sorti des arbres qui balançaient des cristaux au bout de leurs branches. Tharic poussa un cri d'émerveillement, devant nous s'étendait un panorama sur la petite plaine. Au nord, le début des enceintes de la ville blanche de Mesa et ses pégases volants dans dans le ciel gris. Un peu plus loin, à l'est, une petite ville où une auberge nous attendait. Et plus à l'Est encore, vers les Forêts... rien. Juste un écran étrange que je ne pouvais percer même avec ma vue d'elfe. Nous restâmes quelques minutres puis nous nous dirigeâmes vers cette ville de Naïra-Les-Plaines sous les flocons qui commençaient à tomber. Une heure après, nous étions arrivés devant les lourdes portes de la ville à l'étendard aux blès dorés

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Mardi 22 novembre 2005

Par Arwen - Publié dans : L'aventure d'une Elfe

Le début, c'est ici
L'épisode précédant, c'est par la



Chapitre 16

Pacte de Mana


    Les chevaux marchaient tranquillement sur le chemain descendant à pente douce vers la petite Plaine. Les oiseaux gazouillaient dans le printemps déjà présent sur ce flanc des Montagnes et le Mana Rouge se mariait avec harmonie au Mana Vert des sous-bois et au Mana Blanc de la Petite Plaine maintenant en vue. Rien ne semblait pouvoir me détourner de la bonne humeur que me procurait la nature en ce moment...

« Dame Arwen, sauf votre respect, j'aimerai savoir quand nous allons arriver »

    Rien...Sauf peut-être le jeune homme qui m'accompagnait.. je ne pouvais lui en vouloir, c'était son premer voyage hors de Therantia...

« Dame Arwen, je vous assure que l'ennuie va me tuer bien avant l'aventure »

    Et pourant, les oiseaux gazouillants semblaient a présent me narguer, se moquer de ma patience qui allait en s'amenuisant sans cesse...

« Dame Arwen, je...
- Tharic, je vous en supplie, j'en ai parcouru des miles et j'en ai effectué des voyages et autres aventures. Mais je ne pourrais jamais venir a bout de celle-ci si vous ne vous taisez pas.
- Pardonnez moi... »

    Le voyant toi penaud, je ne pu que m'en vouloir d'avoir pris ce ton autoritaire. Je soupirai, évitai la branche d'un arbre sur le chemin et profitai de nouveau du calme ambiant... Un torrant se fit entendre sur ma gauche. Il était bientôt onze heures et le soleil chauffait l'air frais des montagnes. Il ne s'était strictement rien passé depuis notre départ de Thérentia. Seul une patrouille gobeline nous a escorté jusqu'au chemin de l'Est. Ce qui a permis a Tharic de poser une ribanbelle de questions au pauvre recruteur gobelin a la tête de la patrouille.

« Dame Arwen?
- Quoi encore? Soupirai-je en me retournant dans ma selle, exédée.
- Je pense que je commence a avoir faim...
- Attendons une heure. »

    Tharic fit de grand yeux et retint sa respiration. En me retournant, je pu de justesse esquiver une autre branche d'arbre. Le voyage allait être plus long que je ne m'étais imaginé.


    Finalement, il ne se passa plus rien jusqu'à notre arrêt dans une clairière. La rivière passait en contre-bas et les arbres nous ouvraient le ciel bleu. La douce chaleur des rayons du soleil mélée à la senteur fraiche des sous-bois nous transportaient dans un étatde bien être. Les chevaux et l'âne de bât ne cessaient de baisser leur encolure pour prendre au passage les brins d'herbe les plus appétissants. Tharic et moi déscendîmes de nos montures pour préparer un repas.

« Je vais chercher du bois, préparez le foyer et sortez les provisions s'il vous plait Tharic.
- d'accord » dit le jeune homme impatient de caler sa faim.

    Je pris la direction des bois, mon arc a la main. Une occasion de manger de la viande peut toujours se présenter... et mon instinct ne m'avait pas trompé. A peine je m'étais enfoncé dans la forêt , je vis des lapins gambader sous les arbres. Je n'eu aucune difficulté à en tirer deux que je mis dans mon sac. Je pris aussi quelques branches de bois sec et je me détendais en chantonnant sous le feuillage naissant lorsque quelque chose attira mon attention. Je ne su ce que c'était. Une ombre plus sombre entre les arbres. Cela m'inquiéta. Je repartis rapidement rejoindre Tharic.

    Après avoir cuit les lapins sur le feu que j'avais allumé grace à un sort qui époustoufla Tharic - ce qui me fit sourire - nous mangeâmes notre repas. Le jeune homme était heureux, découvrant la nature et s'émerveillant au moindre oiseau ou être vivant passant dans son champs de vision. Il ressemblait tant a un enfant.

« Dame Arwen? Vous avez un air bien triste, que ce passe-t-il? »

    Je ne voulais guère l'inquiéter car c'était plus l'ombre des sous bois qui accaparait mon esprit.

« Laissez Tharic, ce n'est pas de la tristesse.. Tenez, regardez en haut, fis-je en montrant le ciel.
-Oh! Un oiseau?
- Non, un Faucon Mordoré. C'est une créature facile a invoquer. Vous allez essayer de vous lier par contrat de mana avec.


Heather Hudson. Wizards of the coast

- Un pacte?Mais comment? Je ne suis guère mage!
- Chacun sur ces Terres peut utiliser le mana. Il faut juste qu'on leur apprenne.
- Très bien, que doix-je faire? Demanda-t-il à la fois anxieux et curieux.
- Fermez les yeux. Ressentez les flux d'énergie de ces terres. Qu'imaginez vous?
- Je...je ne sais pas... j'ai juste les yeux fermés
- C'est normal, vous n'avez jamais fait attention a ces flux. Videz vous l'esprit et ouvrez le a l'énergie.
- Oui! Je voix!
- Que voyez vous? Que ressentez vous?
- Une Force Violente, une Solidité Ancestrale et une Pureté Lumineuse.
- Très vien, vous avez un certain talent Tharic.Vous voyez les trois forces les plus présentes ici: la Force Violente des Montagnes, la Solidité Ancestrale des Forêts et la Pureté Lumineuse des Plaines.
- Ce sont les mana? Mais vous m'aviez dit qu'il en existait de cinq sortes différentes! Pourquoi je ne resent pas les deux autres? »

    Je fus étonnée par tant de perspicacité. Ce garçon avait très rapidement resenti les énergies. Il allait faire un très bon élève.

« Simplement parce que les sources sont trop lointaines.
- Mais comment faites vous pour utiliser les manas non présents?
- très bonne question! Vous ne faites que m'étonner aujourd'hui!
- euh... rougit-il, merci...
- Pour les mages les plus aguérris, ils ont tellement voyagé qu'ils peuvent uniquement par la pensée de ces terrains, utiliser le mana.
- Et pour les autres?
- des Artefacts, dis-je en tandant la main pour faire apparaître un talisman circulaire bleu et noir, comme le talisman de dominance. Si tu l'active, il te donne un mana incolore. Si tu lui demande du mana noir ou bleu, tu resentira une douleur comparable a une brulure de mana.

 


Mike Dringenberg, Wizards of the Coast

- Une brulure de mana?
- Lorsque tu génère plus de mana que nécessaire, le reste non utilisé te brule.
-Et... grimaça-t-il, c'est douloureux?
-Cela dépend de la quantité de mana. Si tu as un sort qui permet de l'utiliser, cela est fatal pour l'adverssaire. Sinon, cela est fatal pour toi.
-Aïe... et ce talisman est facile a trouvé?
-Il vient d'un autre plan. Il est peu commun mais pas introuvable. Il en existe de cinq sortes »

    Tharic leva le regard et fut émerveillé. Un groupe de faucons effectuait un véritable balet aérien. Je repris:
« Ces faucon sont communs. Ils dépendent du mana blanc. Sache que tu as la possibilité d'en lier autant que tu le souhaites mais tu ne pourras qu'en invoquer quatre par combat. »

    Je le tutoyais à présent. Comme mon élève. Il continua de regarder les volatiles puis posa sur moi un regard déterminé.

« Comment les lie-t-on?
- Fermes les yeux. Resens les flux comme tout à l'heure.
- oui...
- Fixes toi sur laPureté Lumineuse.
- Je... je l'ai, fit-il en fronsant les sourcils.
- Ouvre doucement les yeux en gardant a l'esprit cette énergie venant des plaines. Imagines toi toujours la plaine pour t'aider. Ce sera plus automatique par l'habitude. »

    Le jeune homme s'exécuta et ouvrit ses yeux qui s'emplissaient progressivement de mana.

« Très bien, dis-je en l'encourageant. Maintenant, regarde un des faucons et appelle-le »

    Les oiseaux volaient ensemble. Lorsque Tharic leva le regard, un des volatiles cessa de tourner avec ses congénères et se détacha progressivement du groupe. Il vint se poser délicatement près du foyer en poussant de petits cris. Tharic explosa de joie:

« Il est venu! Il est si beau avec sa plume blanche dans la queue.. il... Qu'attend-il?
-Il attend que tu lui explique ce que tu veux de lui.
- Mais, comment lui expliquer?
- Parles lui mentalement, par les flux de mana »

    Le jeune historien se concentra de nouveau. Je pouvais sentir le dialogue porté par le mana sans en comprendre le sens.

« Il m'a parlé!
- et que dit-il?
- Vous ne l'entendez pas?
- Non, c'est a toi qu'il va se lier, pas a moi!
- Il semble d'accord pour m'accompagner... mais il est jeune et ne sait pas comment se lier »

    Je sourit... deux jeunes ensemble pour une première aventure... belle image.

« Je pense que vous êtes déjà liés. C'est en fait assez inexplicable. Une fois que vous avez discutez et vous vous êtés accepté, le processus est fait. Il existe d'autres méthodes moins respectueuses de l'autre... mais nous ne sommes pas de ce genre de mages. Demandes lui si ses congénères veulent t'accompagner aussi.
- Sa compagne et son frère voudront surement d'après lui.
- Et bien fait le même travail mais utilise l'image de deux sources de mana blanc. »

    Le Thérentien recommença l'exercice et deux faucons descendîrent en piquet. Alors que la femelle se posait doucement et gracieusement près de son compagnon, le mâle se retrouva dans une position comique, le bec dans l'herbe et les quatre serres en l'air.

« Ils accèptent de me suivre mais aucun autre ne voudra, déclara Tharic déçu. Cela ne me fait que trois compagnons.
- ce n'est pas grave. D'autres colonies existent, et au pire, nous pourront en acheter un pour pas grand chose au maché. Demande leur de partir dans le ciel, le plus haut possible. Je vais t'apprendre à invoquer tes faucons. »

Seul le premier faucon s'envola. Il parti haut dans le ciel si bien que Tharic ne le voyait plus. Je pouvais encore apercevoir la plume blanche de sa queue.

« Et maintenant?
- Maintenant, concentre un mana blanc dans tes réserves... voilà. Tu peux communiquer avec?
- Oui, il me demande quoi faire.
- Qu'il continue à voler bien haut. Maintenant, chose délicate, libère brusquement ton mana. Normalement, il va apparaître près de toi. »

    Un éclair de lumière éclata puis, l'instant d'après, le faucon se trouvait à cette endroit.

« J'ai réussi!
- oui! Très bien! Tu viens de devenir un mage. Tes faucons pouront aller où bon leur semble. Tu as la capacité de communiquer avec eux puis de les invoquer et ce, qu'importe le plan ou tu te trouves. »

    Tharic était radieux. Il s'amusait avec le petit dernier alors que le couple se frottait mutuellement le bec. Je lesobservais avec plaisir en pensant que les quelques combats des jours derniers m'avaient reforcé et remis le pied a l'étrier. Le jeune homme, quant à lui, était vraiment doué et avait montré une précocité extraordinaire dans l'exécution de ces bases. Il fallait en général au moins deux jours à un débutant pour comprendre et un autre pour réussir a invoquer.

    Un vent étrange me tira de mes réflexions. Une vague d'inquiétude me pris au trippes... un rire... un rire attroce se fit entendre.

                  A suivre

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Lundi 21 novembre 2005

Par Arwen - Publié dans : L'aventure d'une Elfe

L'aventure d'une Elfe
Chapitres 13 à 15


Chapitre 13

La fin d’un combat


    Le Mage bleu était là, immobile dans la nacelle de sa fabuleuse machine. Une lueur folle brillait dans ses yeux d’un bleu limpide. Il crispait ses poings et ses mâchoires tout en réfléchissant. Le bilan n’était pas facile. Il n’avait que son invocateur. L’Elemental était mort. Et en face, il voyait une Elfe redoutable. Il n’avait rien vu de semblable auparavant. Cette Elfe jouait sur plusieurs couleurs…chose inconcevable de là où il venait. Devant lui, un mur d’air, une Mue dangereuse et une Muse entravant ses gestes. La seule chose qu’il savait, c’était que son adversaire n’avait pas utilisé beaucoup de créature avec le vol…et cet adversaire, c’était moi.

    Je le vis se torturer l’esprit pendant plusieurs minutes. Il était indécis. Derrière moi, Tharic trépignait en murmurant des « mais que va-t-il faire… »Un garde à qui il avait demandé de voir où était leur Roi revient lui faire son rapport.

« Maître Tharic, notre seigneur s’est assis sur son trône en priant les pierres légendaires…je crois, sauf votre respect, qu’il est devenu fou Maître.

- Cessez ces balivernes et prenez deux hommes avec vous pour veiller sur…. »

    Il ne finit pas sa phrase. Le garde s’était enfuit vers la salle du trône avec d’autres hommes. Tharic se retourna et vit la raison de cette fuite. Le Mage était sortit de sa torpeur.

    Il affichait un sourire narquois. Il avait finalement repris confiance en lui. Ses yeux devinrent d’avantage bleu et il invoqua ses créatures. L’orage grondait dans les montagnes et le ciel s’assombrit. Quatre oiseaux vinrent à lui. Quatre oiseaux aussi sombres qu’une nuit sans lune. Leurs croassements firent trembler Tharic : des corbeaux de l’orage. Par manque de Mana, mal d’invocation et à cause de la Muse, il n’attaqua pas.


John Matson. Wizards of the Coast

    Je décidai qu’il faillait agir, et fort… D’un signe de la main, ma Mue s’avança pour attaquer. Le sorcier se doutait bien que j’allai la révéler, quelle soit bloquée ou non…Il repartit dans une courte indécision : soit il bloquait avec son sorcier pour le voir mourir après la révélation de la créature, soit il risquait de recevoir une blessure qui pourrait être très grave, voire fatale… L’ombre qu’était ma créature avançait sûrement et rapidement vers le Mage hésitant.

    Proche du point de non-retour, il fit un geste imperceptible et l’Invocateur se jeta devant l’Ombre. Il me vit alors avancer les mains et l’Ombre se dissipa peu à peu pour laisser apparaître une immense créature d’un vert intense. Elle semblait pouvoir avaler l’Invocateur entier. Le Baloth vorace attendait.

« Mage, c’est tout ce que vous faites ? »

    Le Mage regardait la bête et moi tour à tour, sans rien dire. Il n’avait rien vu de pareil.

« Très bien, dis-je, Frappe du prédateur ! »

    Le Baloth paru grandir un peu plus et il se déchaîna sur l’Invocateur impuissant qui fut broyé os par os laissant entendre un craquement effroyable. Puis, la bête s’approcha du mage…Quand il vit les incroyables griffes se diriger vers son bras, il se mordit les lèvres en chuchotant « piétinement »… Son membre fut presque arraché sous la violence du coup…

    Tharic tressailli devant l’horreur de la scène. Le Mage porta sa main vers le membre tailladé. Le tissu de son vêtement se teinta peu à peu de rouge. Son visage reflétait un tel sentiment de douleur que j’eu, malgré moi, pitié de cet homme. C’était à son tour d’agir.

    Il devait avant tout supprimer les créatures de son adversaire…où du moins les renvoyer d’où elle venait. La douleur embrouillait son esprit mais il était conscient qu’une autre attaque lui serait fatale. Il lui fallait gagner du temps…et il ne voyait sur le moment qu’une solution :

« Boomerang ! »


Arnie Swikel. Wizards of the coast.

    Il jetta deux fois le sort...Deux jets de lumière se dirigèrent vers la Muse et le Baloth. Lorsque la lumière cessa, il n’y avait plus de créatures. Elles avaient tout bonnement disparues mais n’étaient pas mortes. Je sentais leur esprit voulant communiquer :

Maîtresse ?

Restez prêts

    Le Mage était fier d’avoir repris le contrôle de la situation. Il pouvait désormais attaquer :

« Corbeaux, allez-y mes petits ! »

    Les oiseaux qui tournaient dans le ciel sombre autour de la machine de leur maître, entendirent son appel. Ils se jetèrent sur moi en pic. Mon mur, encore présent, en bloqua un. Les autres foncèrent vers moi et me plantèrent griffes et bec là où ils atterrissaient…

    Je me sentis faible et mes jambes tremblèrent. Tharic me soutint alors que je tombais :

« Noble Arwen ? Fit-il d’une voix inquiète.

- Merci Tharic, ça va pour le moment, répondis-je en sentant le sang couler chaud sur mon visage pour tomber en grosses gouttes écarlates sur le sol. Ca ira, il faut que je tienne »

    Cette remarque était bien sûr plus pour moi. Malgré tout, Tharic continua à me soutenir tant moralement que physiquement. J’étais proche de la défaite et de retour à la case départ avec un seul mur pour me défendre…Pourtant, une idée germa en moi…de la défense, rien que de la défense puis…

« Onguent de soin » fis-je doucement. Je me sentis alors moins fatiguée et j’étais capable de me tenir debout seule. Tharic me lâcha.

« Muse, reviens! » Le vent tiède se refit sentir et la Muse était de nouveau près de moi.

« Anouride casse insecte… »


John Matson. Wizards of the Coast

    Une créature à l’aspect étrange fit son apparition et le Mage vit qu’il perdait de nouveau le contrôle. Il lui fallait d’autres créatures. Et il allait privilégier les oiseaux…Il me savait faible et il voulait me détruire, qu’importe la présence de la Muse ou de cet créature étrange. Il voulait me vaincre, m’écraser, me faire regretter ce que je lui avais fait subir. La douleur l’avait conduit à une folie aveugle et destructrice.

Peu importait la force de la créature, il en voulait beaucoup :

« Faucons du Zéphyr, venez à moi ! » Et encore une fois, ce sont quatre oiseaux qui firent leur apparition.

    C’était à nouveau à mon tour… « Onguent de soin » Je me sentais de mieux en mieux mais je me demandais si ce que j’avais prévu aller pouvoir fonctionner…Je fit apparaître trois mur d’air et trois anourides en utilisant mon mana de façon calculée. J’avais donc en face huit oiseaux et ici quatre murs et quatre anourides et une Muse…oui, ma belle Muse, je ne pouvais pas risquer plus longtemps sa vie…mais que faire…

    Le Mage, lui, avait un plan précis…Mais il lui fallait un tour…un seul tour…il se décida à attaquer tout de même :

« Voilà ta perte Elfe…

- C’est ce qu’on va voir Mage »

    Je savais que la Muse le gênait et je sentais qu’il n’avait pas la force de la tuer comme moi je ne l’avais pas pour la sacrifier.

« Boomerang ! »

Encore une fois, la Muse disparu.

« A vous mes oiseaux ! Attaquez ! »Hurla-t-il d’un ton déjà victorieux. Il était fier d’avoir vaincu son premier véritable adversaire…Ah ! Ce qu’il jubilait à cette idée de vic…

    Un événement étrange arrêta sa pensée…Aucun cri, aucun bruit…uniquement l’écho maintenant lointain de son rire de joie…Mais rien venant de ses chers oiseaux. Il se pencha vers le sol pour voir ce qu’il en résultait.

    La stupeur le saisi et glaça son cœur en même temps qu’un de ses faucons le frôla sortant d’un étrange nuage…ses autres créatures s’élevèrent à leur tour pour fuir la brume…non, pas une brume…un Brouillard…Il ne voyait rien du sol…la panique s’empara de lui « L’Elfe murmura-t-il, c’est l’Elfe »


Jesper Myrfors. Wizards of the Coast

    Le Brouillard se dissipa rapidement. Il me vit alors apparaître nappée d’une lueur blanche qui devenait de plus en plus forte à mesure que j’énonçais une incantation à laquelle il ne comprenait rien. Dès que le Brouillard fut entièrement évaporé, je dis d’une voix claire et aussi sonnante qu’un cor annonçant l’assaut final :

« Que la Vengeance selon Akroma se réalise ! »

    La lueur qui m’entourait se mua en un puissant faisceau se dirigeant vers le ciel. Les nuages s’écartèrent pour laisser place à la forme d’un Ange. L’Esprit de la défunte Akroma descendait lentement. Ces cheveux noirs aux reflets violacés flottaient majestueusement entre ses immenses ailes d’un blanc immaculé. Elle tendit alors les mains vers les deux lignes de créatures et dans un craquement assourdissant mêlé à une lumière aveuglante, les seize disparurent avec elle.


Greg & Tim Hildebrandt. Wizards of the Coast

    Puis, plus rien. Le silence était revenu. Le Mage, immobile et choqué par cette vision ne pu murmurer qu’un « c’est tout ? » dénué de toute agressivité ni même de tout sentiment. Je lui répondis :

« Non, ce n’est pas tout : Mon Amie, Meneuse de la Griffe, viens à moi »


Matt Cavotta, Wizards Of the Coast

Un léger nuage fit apparaître une Elfe habillée d’une peau d’ours. Le Mage failli se mettre à rire mais se ravisa lorsqu’il la vit se faire suivre de huit ours au pelage brun doré. Il pâli. Il ne savait que faire. Il était perdu, seul. La douleur physique mêlée à celle de la défaite le fit céder. Il descendit lentement sa machine vers le sol et se laissa tomber à l’intérieur, en pleur. Les ours entourèrent le vaisseau. La Meneuse m’accompagna près du Mage qui gémissait :

« Achevez-moi, je vous pris, achevez-moi rapidement
- Pour quelle raison le devrais-je ?

    Tharic accouru vers nous

- Mais tuez-le ! Hurla-t-il d’une voix désespérée
- Non Tharic. Je ne le tuerai pas. Il a déjà assez souffert fis-je en appliquant plusieurs Onguent de soin au Mage. Je ne le tuerai pas tant qu’il restera tranquille.
- Mais... après tout ce qu’il a fait?
- Arwen est sage jeune Homme, intervint la Meneuse, et elle doit avoir une idée derrière la tête.

    Elle me regardait d’un air espiègle

-Non, aucune idée…Mais c’est au Roi de décider vois-tu Tharic, c’est à lui de…
-Maître Tharic ! Maître Tharic !
Un soldat que le jeune Historien avait envoyé veiller sur le Roi accourait complètement paniqué
-Maître Tharic, c’est terrible…le Roi…il… »
Et il s’écroula de fatigue et de peur.




Chapitre 14

Un étrange réveil


    Le jeune homme pâlit. Il me regarda avec des yeux pleins d’inquiétude pour son roi comme pour le soldat. La Meneuse se dirigea vers le corps inerte de l’homme d’arme :

« Etrange, il semblerait qu’il ait subit une décharge de Mana. Il est comme foudroyé.
A ses mots, Tharic émis un bruit de surprise.
- ne vous inquiétez pas pour lui, le rassurais-je, allons plutôt voir votre Roi.
- et le Mage ?
- Mes ours le garderont, expliqua l’Elfe. Quant à moi, je soignerai cet homme. Allez vite, j’ai un pressentiment mais je ne saurais dire s’il est bon ou mauvais »


    Sur ces mots, Tharic détalla vers le palais dont la façade semblait rougir. Après un regard de remerciement à mon amie, j’accourai à la suite du jeune historien qui avait déjà atteint le haut de l’escalier. Je pu le rattraper aisément lorsqu’il s’arrêta pour parler à un garde visiblement effrayé.

« Lieutenant, où est notre Roi ? » L’homme ne fit que tendre un index tremblant vers la salle du trône. Tharic repris alors sa course, moi à ses cotés.

    Nous nous rapprochions rapidement de la grande porte de bois. Elle était entrouverte et il en sortait de grandes flammes d’un rouge sang. Tharic poussa un cri lorsque les portes s’ouvrirent brusquement pour laisser le passage à un soldat éjecté de la salle. Il retomba dans un bruit mat sur le sol de marbre puis glissa longuement a travers du grand hall avant de s’arrêter au pied d’une statue.

« Tharic ! N’entrez pas !
- mais, mon Roi…
- Voyez cet homme, un choc de mana… je… je ne suis même pas sur que… enfin j’ai bien peur qu’il ne soit… »

    Au grand bonheur de Tharic et à mon grand étonnement, un gémissement venant de la salle coupa ma phrase.
« Mon Roi ! » et il se précipita dans l’ouverture de porte…


    Tharic courrait vers son Roi. Sa seule pensée était de le sauver de ce mystérieux danger. Il entra dans la salle en essayant d’éviter les éclairs rouges…

« Le fou » pensai-je tout haut avant de le suivre.

    La salle du trone était rougeoyante. Toutes les nuances de la couleur écarlate y étaient réunies. Les visages des fresques semblaient pleurer des larmes de sang. Et devant, Tharic avançait toujours plus, une main se protégeant de la lumière qu’émettait un objet au centre de la pièce. Cet objet était tout simplement le trône lui-même.

    Le vieux Roi semblait avoir rajeuni. Ses cheveux avaient retrouvé leur rousseur originelle mais ce sont ses yeux… ses yeux d’un rouge profond qui fit arrêter l’historien…juste à temps, un éclair toucha le sol a ses pieds. Je le rejoignis :

« Dame Arwen ? dit-il d’une voix pleine de détresse, que lui arrive-t-il ?
-le trône… je pense que ce trône y est pour quelque chose… et ces pierres semblent être fait de Mana pur.
- mais mon roi, est-il en dang… »

    Un éclair en direction de Tharic s’arrêta net à quelques centimètres de son visage. Il prit conscience d’une aura protectrice autour de lui et se retourna vers moi avec un air septique.


Christopher rush. Wizards of the Coast

« Cercle de protection… Avançons.

-Bien » dit-il d’un ton reconnaissant avant de reprendre le chemin vers son Roi.

    Il semblait en transe… il ne contrôlait rien…il ne faisait que subir… mais maintenant, il savait… Une détonation fantastique émana de l’artefact réveillé… j’eu juste le temps de charger mon mana pour…


    Une douleur… des voix lointaines et inconnues qui résonnaient… et cette douleur… de la tête aux pieds… toujours elle… j’essayai pour la énième fois une esquisse de mouvement qui se solda encore une fois par un échec…et cette douleur…


    Une lumière…rien que le calme et le bruissement reposant des feuilles d’un arbre dans la brise fraîche… et cette lumière… elle m’entourait, aveuglante… j’ouvrais lentement mes paupières pour laisser le soleil blanc et matinal se glisser jusqu’à mes yeux… ils s’ouvrirent sur le tissu vert tendre du baldaquin… je me blottissais tendrement dans mon oreiller de soie vert pâle quand une voix le surpris

« Que les Dieux soient loués ! Vous vous réveillez enfin !
- les Dieux n’ont rien à voir la dedans, fit une autre voix
- en…fin ? Balbutiai-je avec peine
- mais oui ! Cela fait deux jour depuis que vous m’avez sauvé la vie dans la salle du trône ! fit la première voix. Vous vous souvenez ?
-hum… peut-être… » Les idées et les évènement se bousculaient dans ma tête… mais au moins, les propriétaires des voix présentes me revinrent
« Tharic ! Meneuse !
- Oui, répondit l’Elfe. Je suis restée a tes cotés le temps de te soigner.
-merci… et vous êtes donc sain et sauf Tharic !
- oui, et mon Roi aussi ! Tant d’évènements se sont passés durant ces deux jours !
-ah ? C’est-à-dire ?
- plus tard si vous le voulez bien noble dame… vous êtes attendue pour le déjeuner dans deux heures… il faut vous hâter de vous préparer ! »

    Mon regard incrédule fit sourire l’Elfe amie des Ours alors que Tharic me récita la liste des inviter qui allait du simple comte du fin fond du canyon au roi Gobelin du royaume voisin…

« Je dois vous laisser vous préparer. Je vous laisse ceci ici »

    Il déposa une boîte emballée de fin tissus et de nombreux rubans multicolores puis il sortis de la chambre avec l’Elfe.

    Je reposai la tête sur l’oreiller et mon regard se fixa de nouveau sur le baldaquin. Mais prise de curiosité, je me levai doucement pour ouvrir cette boîte.

    Mes pieds nus touchèrent le tapis doux posé à coté du lit puis un frisson me parcouru lorsqu’ils rencontrèrent le froid du marbre.

    J’enlevai délicatement les rubans un a un puis écartai soigneusement le tissus pastel qui recouvrait la boite qui j’ouvrai pour y découvrir une étoffe. Je la sortis. C’était une magnifique robe aux tissus doux et soyeux. Elle était composée d’une soie d’un vers tendre et garnie de rubans violets, de bouquets de violettes légèrement sèches attachés avec des guirlandes de lierres. Tout était d’une légèreté végétale. Une lettre tomba du vêtement. L’écriture était celle du roi.

« Je vous offre ce modeste présent pour toute l’aide que vous nous avez apportez à mon peuple et à moi-même. »

Et bien, merci, pensai-je.

    Je regardais pensivement le sublime vêtement quand la porte s’ouvrit à nouveau. Deux jeunes filles vêtues de blanc, les cheveux attachés en chignon entrèrent et s’inclinèrent devant moi.

« Ma Dame, le Roi nous a demandé de vous aider dans vos préparatifs.
-Hum… merci bien mais… »

    Je n’eu guère le temps de finir ma phrase. Les deux servantes me prient par le bras et m’emmenèrent dans une des salles de bain où la vapeur s’élevait de l’eau chaude contenue dans une immense baignoire. Après cela, j’eu le droit à la coiffure et à l’habillement. Je me sentais un peu comme une poupée dont on s’occupait, passive et tiraillée de tous côtés.

    Après une heure de ce que je nommerais une torture de femme humaine, les deux jeunes filles se placèrent devant moi d’un air admiratif en murmurant des « magnifique » ou des « sublime ». L’une d’elle en avait les larmes aux yeux. J’étais stupéfaite de leur réaction que je ne comprenais pas et je n’avais qu’une idée en tête : sortir de là. Elles me regardaient de la tête aux pieds et des pieds à la tête puis s’écartèrent de mon champ de vision. Mon regard croisa celui d’une personne qui m’observait visiblement interloquée de ce qu’elle voyait. De toute évidence, je ne reconnaissais plus cette Elfe qu’était mon reflet. La robe du Roi ressemblait à un légers tapis de douce verdure sur moi. Les violettes à moitié sèches rouvraient leur corolle dans une seconde jeunesse. Une coiffure légère semblait descendre en cascade claire parsemée de petites gemmes d’émeraudes et de diamants.

    Des coups sur la porte m’extirpèrent de cette observation par un sursaut. La voix du jeune historien se fit entendre, étouffée :

« Ma Dame ? Etes vous prête ?
- Oh que oui Maître Tharic, dirent en cœur les servantes, oh que oui !
- Très bien, alors venez, je vais vous accompagner »

    Une des filles se précipita sur la porte et l’ouvrit promptement. Elle laissa apparaître le jeune homme. D’abord joyeuse, son attitude se mua en émerveillement total.

«  Vous…vous…êtes…
- oui, soit… Allons-y s’il vous plait, dis-je embarrassée mais heureuse de sortir de la pièce, Allons-y rapidement avant que votre mâchoire ne tombe. »

    Je lui pris le bras et il me conduisit dans le dédale de couloir. Notre passage provoquait des murmures de fascination. Ce qui me gênait d’autant plus.

    Nous arrivâmes enfin devant les lourdes portes de la salle du trône. Les deux gardes présents nous saluèrent puis Tharic appuya ses mains sur l’immense entrée qui s’ouvrit sur la salle. Les bavardages bruyants cessèrent et tous se tournèrent pour nous regarder. Le roi se leva alors de son siège orné des pierres rouges lumineuses :

« Entrez, entrez donc ! »

    Je fis un pas dans la salle décorée de tapisserie pour l’occasion. En regardant les invités, je pu reconnaître la Meneuse ainsi qu’un jeune Mage que je connaissais bien. Il portait l’insigne des ambassadeurs et des émissaires de la SMF. Lorsque je fus à son niveau, Souben se leva pour me saluer.

« Bonjour Arwen ! Moi qui te pensais déjà dans tes belles forêts !
- disons que j’ai été retardée par quelques évènements.
- c’est ce que j’ai appris par Grhyll puis ici.
- Ils t’ont envoyé pour la diplomatie ?
- et pour étudier l’artefact réveillé… des pulsations ont été ressenties dans la Pyramide…
- excusez moi ô ambassadeur, je dois vous retirez Dame Arwen, interrompra Tharic, le Roi voudrait… »

    C’est alors qu’une lumière rouge aveuglante s’illumina… le trône royal émis une sorte de vague de mana qui allait une nouvelle fois déferler dans le palais…



Chapitre 15

Nouveaux Départs


    Souben est moi nous regardâmes. Nous pensions à la même chose. Il était clairement établi que les énergies libérées par le Trône provenaient de mana rouge.

« Il faut les protéger… au cas où…
-oui, un cercle ?
-Il ne reste que ça… »

    Nous nous concentrâmes prêts a utiliser notre mana pour activer les cercles autant de fois que nécessaire.

    Le Roi avait disparu derrière la lumière aveuglante. Celle-ci semblait monter jusqu’aux voûtes de l’immense salle. D’abord informe, une silhouette reptilienne apparue doucement. Il s’en détacha enfin des ailes et une queue admirablement musclées. Le Dragon-Lumière s’immobilisa un instant. Une tension m’habitait. Je me tenais prête. Un silence palpable étouffait la salle du Trône-Artefact puis le Dragon-Lumière s’élança en piquet vers la table dans une attitude d’incroyable fureur… Pour exploser à la manière d’un feu d’artifice en millier de petites flammèches inoffensives.

    Après quelques secondes de stupeur, le Roi demanda a son assemblée d’un ton enjoué : « Ca vous a plu ? »

    Un tonnerre d’applaudissements se fit entendre. Souben avait une mine déconfite mais je sentais clairement qu’il en était de même pour moi, comme pour Tharic qui me prit le bras pour le tirer jusqu’à ma place, tout près du Roi.

    Souben me murmura alors « Il faudra qu’on parle ». Je ne pu lui répondre que j’étais d’accord, l’Historien m’éloignant inexorablement de l’Emissaire de la SMF.

    Le Roi, fier de son effet, m’accueilli avec un sourire ravi. Etrangement, les Gemmes de l’Artefact semblaient rire aussi. Tharic me fit asseoir sur un siège de bois aux coussins écarlates puis vint se placer à ma gauche. Je pris le verre de cristal et bu quelques gorgées du vin pour me remettre des évènements. Je pris alors la parole d’une voix plus réprobatrice que je ne l’aurais voulu.

« Vous nous avez fait bien peur, Majesté.
- Vraiment ? Ce n’était pas l’effet voulue par Elles… ne m’en veuillez pas Noble Elfe.
- Elles ?
- Ces pierres, dit-il en caressant les Gemmes qui émirent une sorte de ronronnement, les Pierres des Anciens ! Elles sont si heureuses que leur peuple les voit de nouveau.
- Tout cela me laisse perplexe. Vous parlent-Elles ?
- Bien sur ! Et Elles m’ont ouvert les yeux sur votre Magie et m’ont expliqué pas mal de choses sur notre Histoire.

Tharic releva brusquement la tête. Les Gemmes semblaient moqueuses à présent.

- Je suis en effet désolé Sire Tharic… Il semble que votre place d’Historien Royal n’est plus lieu d’être.
- Mais Sire ? Que…
- Je verrai cela en temps utile Maître Tharic. Ce que je souhaite faire pour vous et votre famille, c’est de réhabiliter et ré-honnorer le nom de Midalic de Villoy votre ancêtre. La persécution dont il a été victime sera réparée. »

Tharic était atterré. Il avait passé de longues années à étudier et à tenter de réécrire les livres ! Mais ce qu’il l’agassait le plus était le murmure moqueur des Gemmes.

« Mon Roi ?
- Oui Maître Tharic ?
- Pouvez-vous s’il vous plait Leur dire de se taire ? » Demanda-t-il d’un ton irrité mais contrôlé.

A ces paroles, je sursautai et compris enfin d’où venaient ces murmures que je percevais aussi.

« Vous les entendez aussi Tharic ? Demandai-je.

    L’ancien Historien hocha la tête, le regard noir.

- Aussi ? Remarqua le Roi. Vous voulez dire qu’Elles parlent plus fort que je ne le pensais ?
- Il semble bien Majesté.
- Ce qu’il semble, dit une voix derrière moi, c’est que tous ceux qui sont sensibles à la Magie entendent un bourdonnement provenant des Gemmes.

    C’était Souben. Il avait apparemment compris la situation bien avant moi. Les magiciens Humains sont si étonnants parfois !
- Si nous les entendons si clairement, continua-t-il d’un ton scientifique, c’est sûrement que nous sommes des Mages qui connaissons le son du Mana.
- Ou bien… que nous avons de grandes prédispositions à cette Magie ! » Compris-je en regardant Tharic. Il est de la seule famille de Thérentia à ne pas avoir été exposée au sort d’oublie après tout !

Alors un son d’une étrange harmonie, puissante comme la Montagne, se mua en voix :
«Vous avez raison… Les Elfes sont toujours perspicaces…Et les Humains plus intelligents qu’autrefois…

    Nous sursautâmes. Les Gemmes nous parlaient.
- La Nature est étrange… L’Evènement se prépare et le Chaos se rapproche. Seul l’Elu sera déterminant…
- l’Elu ? Demandâmes en même temps le Roi, Souben et moi.
-Seul l’Elu sera déterminant…»

    Puis Elles se turent.

    Le silence tomba entre nous. Nous prîmes conscience que l’ordre du repas n’avait pas été donné. Les Nobles invités discutaient entre eux pour patienter pensant que, malheureusement, notre discussion était plus importante que l’état de leur estomac.

    Le Roi fit un signe, un serviteur vint.
« Faite commencer le service, nos invités n’ont que trop attendu .
- Bien votre Majesté. »

    Et il partit donner le signal du début des festivités. Souben repris sa place et le balai des servantes commença. Elles étaient jeunes, la vingtaine tout au plus. Toutes vêtues de petites robes de satin vert, un tablier blanc noué à la taille. Elles portaient aussi un tissu blanc sur la tête. Elles rapportèrent tous les plats d’argent abondants de nourritures variées : des légumes parfumés aux herbes aromatiques, de grandes miches de pain doré et croustillant et toutes sortes de mets composés de fruits étranges. Puis certaines vinrent remplir de vin goûteux et désaltérant les verres vides. Lorsqu’elles quittèrent la salle, les hommes vêtus de vert eux aussi apportaient les grandes pièces de viandes composées de gibiers, volailles et bouquetins, la spécialité du Royaume. Puis ils nous laissèrent.

    Le Roi se leva et annonça le début d’une nouvelle ère pour Thérentia :

« …Une ère nouvelle, un nouveau départ qui amorce le retour de notre Royaume dans le monde et vers la grandeur de jadis, perdue pendant des siècles. Bon appétit à vous ! »

Il s’assit et pris une cuisse de volaille. Les invités se servirent à leur tour et mangèrent avec joie.

Le repas pris fin assez tard. Les ventres étaient repus, les visages satisfait mais fatigués par l’heure tardive et le début d’une digestion qui promettait d’être difficile. Mais pourquoi les humains doivent toujours manger plus que leurs besoins ?

    Tharic subissait les cris de douleurs de son ventre prêt à exploser. Le Roi se portait bien lui. Il discutait avec un émissaire Gobelin.
« Votre Maître n’a pu venir ?
- Non, mon Seigneur surveille les frontières nord. Des messagers ont vu plusieurs créatures étranges et un camp de prospecteurs a été détruit horriblement. Je vous épargnerai les détails… des têtes explosées et des bouts de chairs partout…
    Tharic eu un haut-le-cœur.
- Vous ne savez rien sur ces créatures ?
- Non, rien .Mais mon Maître a dit qu’il viendra vous voir pour rencontrer le Roi de la Patrie Disparue.
- C’est gentil a lui.
- les frontières nord ont été attaquées aussi par chez nous, dit un émissaire de la ville royaume de Mesa. Les pégases ont été affolés… c’est mauvais présage.

    Tharic avait pâlit brusquement.
- Sire ?
- Oui Dame Arwen ?
- Je pense que votre jeune conseiller est malade. Nous allons prendre congés afin que je le soigne.
- Faite, ma Dame. »

    Nous nous levâmes donc et priment la direction de la chambre de Tharic. Dans le couloir, des pas précipités se firent entendre. Souben nous suivait. Tharic était au plus mal, et l’Emissaire m’aida a porter l’Historien dans ses quartiers. Une servante passait.

« Avez-vous besoin de mes services ?
- Oui, dis-je, allez dans ma chambre, un sac d’herbes médicinales est posé sur la commode et rapportez moi de l’eau bouillante aussi.
- oui ma Dame.
- Il a l’air vraiment patraque, dit Souben après le départ de la servante.
- La gourmandise… allongeons le dans son lit. Tu voulais me parler ?
- Oui, comme je te l’ai dit, la Pyramide a vibré pendant le réveil du Trône Rouge. Mais Grhyll semble très inquiet.
- Grhyll ? ce n’est pas son habitude… il t’a dit pourquoi ?
- non, il n’est pas très bavard ou parle par énigme…
- Comment ça ?
- Il m’a juste fait part de son inquiétude pour toi… il m’a dit aussi que… quoi déjà ? ah ! oui ! Que Gaïa se liguera contre la Nature…Je n’ai rien compris… ce n’est pas ton cas apparemment.

Je m’étais en effet figée.
- oui, j’ai peur de comprendre. Une expression Elfique venant de l’Histoire des Ages. Cela indique une prophétie selon laquelle les Dieux pourraient se liguer contre les peuples.
- Hum, pas joyeux en effet. Et d’où vient cette prophétie ?
- de Grhyll.
- de Grhyll ? Il est prophète ?
- était. Une prophétie écrite de son « vivant ». Tellement puissante que peu de temps après, il semble qu’il en est « mort »… quoique je ne pense pas qu’il y ait un lien entre les deux.
- je ne savais pas »

    La servante revint.

« Voici ma Dame.
- Merci, vous pouvez disposer.
- Je serais dans la pièce au fond du couloir si vous avez besoin de moi.
- merci »

    Elle ferma la porte derrière elle. Souben s’affala dans un fauteuil rembourré. Je pris des herbes et les laissa infuser dans l’eau bouillante. Je tendis la mixture à Tharic qui suait à grosse gouttes.

« Buvez ça, attention, c’est chaud. Vous vous sentirez mieux après. »

    Je rangeai tout et m’assis sur une chaise en attendant que Tharic s’endorme.

« Et les Souverain ? repris-je.
- Ils ont divers problèmes. Le mutisme inquiétant de Grhyll par exemple. Ils essayent de recontacter Kallon depuis qu’il a donné signe de vie.
- Kallon ?et Ils savent où Il est ?
- non, mais il a l’air d’aller bien. Ils tentent de demander de l’aide à Dark Mogwaï, Gloire à Lui, mais Il ne répond pas .
- inquiétant…
- Je pense repartir demain à la première heure. Tu devrais en faire autant. Ces attaques au Nord m’inquiètent. Et l’avis des Elfes sur l’Evènement m’intéresse.
- Mais c’est ça !
- Quoi ?
- Grhyll appelait sa Prophétie l’Evènement !
- et ?
- Et qu’ont dit les Gemmes ?
- que… l’Evènement se rapprochait… répondit Souben comprenant ma pensée
- oui… Et ça s’annonce mal. Très mal… Car si ça se vérifie, je n’aimerai pas me retrouver face à un Dieu tel que Dark Mogwaï… et cette fois, je ne sais pas si deux Souverains sur trois arriveraient à le calmer… et nous aurons un autre problème…
- Lequel ?
- Qui est l’Elu ? »

    Tharic se mit à ronfler. D’une manière plus forte que Ronflex Man. Je n’aurais jamais cru cela possible. Souben et moi laissâmes le jeune homme dans son sommeil et sortîmes pour regagner nos chambres respectives.
« Tu devrais vraiment partir demain avant l’aube comme moi Arwen.
- je partirais demain mais après le petit déjeuner. Bonne nuit et bonne route.
- Bonne nuit et bon courage. »

    Je me dirigeai vers la chambre de la jeune servante :
« Ma demoiselle ?
Elle arrêta son ouvrage de broderie et le posa.
- Oui ?
- pouvais vous dire aux écuries que mes chevaux doivent être prêts pour demain matin ?
- Bien sur. »

    Et je repris mon chemin à travers les couloirs déserts du château endormi. C’est alors que je croisai le Roi.

« Dame Arwen, comment va Maître Tharic ?
- Il ira mieux demain. Juste la conséquence de la gourmandise.
- J’en suis heureux. Vous allez vous coucher ?
- oui. Je voudrais aussi vous annoncer que je reprendrais ma route vers les Terres Elfiques demain après le petit déjeuner.
- déjà ?
- oui Sire, je dois éclaircir certaines choses et l’aide de mon peuple me sera bénéfique.
- Et bien soit, je vous ferais préparer des provisions.
- merci votre Majesté.
- C’est le moins que je puisse faire ! Bonne nuit ma Dame.
- Bonne nuit Sire. »

    J ’entrai dans ma chambre éclairée par une bougie. La plaine lune donnait une réponse argentée à la lumière dorée de la petite flamme. Je me dévêtis et mis une petite robe de satin bleu ciel pour la nuit. Je pliai consciencieusement la magnifique robe et fit mes paquets pour le lendemain. Je m’arrêtai devant le tableau pour l’admirer une nouvelle fois puis me dirigeais vers la fenêtre pour observer le ciel cristallin. Demain, je dormirai à la belle étoile… et dans le froid. Je pris place dans mon lit et appréciai de dormis une dernière fois dans ce moelleux et chaleureux nid.

    Le lendemain, un beau soleil m’accueilli au réveil. Une brise douce se fit sentir et je m’éveilla fraîche et prête pour le départ. Je pris mon petit déjeuner qu’une servante m’avait apporté. Je lui avais donné une missive pour que l’émissaire la donne à son Maître. Je revêtis ensuite ma tunique de voyage, attachai mes poignards à la jambe et à la ceinture sans oublier Elsila. Je pris mon paquet de voyage et descendis.

    Le Roi tenait conseil dans la salle du Trône-Artefact et expliquait la Magie lorsque j’entrai.

« … et c’est comme ça que l’on peut blesser directement un adversaire…oh ! Dame Arwen, fit-il en se levant. Vous nous quittez donc vraiment…
- oui Sire.
- Vos montures vous attendent. Je tiens à vous accompagner.
- merci Sire. »

    Les Conseillers se levèrent aussi. Tharic n’était pas là, ce qui m’attrista. Nous quittâmes la Salle et traversâmes le couloir vers la sortie du Palais. Tous les gardes que nous croisâmes me firent un signe de tête où me lancèrent des « Gloire à Dame Arwen ». Le Roi m’expliqua qu’ils m’aimaient. Certains même littéralement. Je souriais à chacun d’eux.

    Nous sortîmes du Palais baignés dans la lumière dorée du soleil. Deux hennissements m’accueillirent. Brego était prêt et Pied-de-lait était chargé des provisions. Il en était mécontent. Je me dirigeai vers eux, les caressai le chanfrein et leur donnai une pomme que j’avais gardé du petit déjeuné. Je montai sur Brego quand une voix essoufflée appela :
« Dame Arwen ! Attendez ! »

    Tharic accourait, enfin essayait. Il tirait désespérément sur la longe d’un âne.

« Que faites-vous ?
- Je viens avec vous ! dit-il comme si c’était une évidence.
-Mais… c’est un voyage long et dangereux que j’entreprends. Vous n’êtes jamais sorti de ce Royaume ! et puis vous n’allez pas monter « ça » !?

    L’âne emis un son de désapprobation.

-Ah !euh.. lui ? c’est mon âne, il a sale caractère mais c’est une bonne bête de bat. Je vous en pris, laissez moi vous accompagner ! Mon Roi m’en a donné l’autorisation et je n’ai plus rien à faire ici. On n’a plus besoin d’Historien Chercheur.
- Dame Arwen, j’ai nommé Maître Tharic Emissaire. Je voudrais qu’il vous accompagne pour souder les liens entre Thérentia et le peuple des Elfes. Pour annoncer notre renaissance.
- Bon, d’accord. Mais montez Pied-de-lait et charger votre âne. »

    Tharic déchargea Pied-de-lait qui fut content de cet allègement. Le cheval essayait néanmoins d’évaluer le poids de son nouveau cavalier. L’âne ainsi chargé ne broncha pas. Tharic monta sur Pied-de-lait sur lequel on avait mis une petite selle et tenait l’âne par la longe. Il ne savait pas très bien monter mais il aurait le temps d’apprendre pendant le voyage.

    Les villageois s’étaient rassemblés pour nous voir partir. Le Roi, en haut des marches du palais pris la parole :
« C’est avec regret que je laisse partir notre noble historien devenu Emissaire Tharic de Villoy. Mais c’est avec joie que le vois nous quitter dans la perspective qu’il revienne avec des histoires, des aventures et des alliances politiques qu’il découvrira et établira avec Dame Arwen. A bientôt j’espère. Vous avez toute la reconnaissance et les remerciements du royaume de Thérentia, sauvé par vous. »

    C’est alors que nous partîmes sous les applaudissemen

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Mardi 25 octobre 2005

Par Arwen - Publié dans : L'aventure d'une Elfe
Le début, c'est ici.
L'épisode précédent, c'est par là


L'aventure d'une Elfe
Chapitre 10 à 12



Chapitre X

Le royaume perdu


    Les hommes courraient rapidement. Je pouvais les suivre grâce à mon pas léger mais je n’aurais jamais cru que cette espèce pouvait courir aussi vite sur un chemin aussi accidenté. Ils étaient totalement paniqués et regardaient sans cesse la machine volante.

    Nous arrêtions de monter. Nous étions certainement sur un plateau. Je ne voyais aucun signe de vie ou d’habitation et les Hommes continuaient leur course folle. Devant eux, les deux parois de la vallée déjà encaissée semblaient se rapprocher jusqu’à ne laisser un passage aussi large qu’un cheval de trait. Cette entrée déboucha alors sur un grand cirque et devant moi se présentait le village des Hommes.

    Autour de ce cirque, dans la paroi, des maisons troglodytes étaient creusées. Il y avait au centre quelques arbres et de la verdure ainsi qu’un immense jardin potager où des femmes s’occupaient de soigner les plants pendant que les hommes arrosaient une autre partie du jardin en prenant l’eau du puit central ou de la source qui jaillissait miraculeusement d’entre les roches.

    Des enfants qui jouaient devant les trois espions s’arrêtèrent pour leur laisser le passage, l’air intrigué par l’inquiétude de leurs aînés. Ils le furent d’avantage lorsqu’ils me virent avec les deux chevaux à ma suite. Cette curiosité gagna rapidement tout le village. Hommes et Femmes stoppèrent leurs activités et leurs bavardages. Mais cette curiosité vira à l’inquiétude puis à la panique lorsque deux des trois humains s’arrêtèrent et crièrent à la foule :
«Le sorciers de la côte…le sorcier et son nuages maléfique arrivent…cachez-vous tous, fuyez tous ! »

    Je décidai de suivre le troisième mais il me distançait à cause de la foule paniquée. Les mères appelaient leurs enfants, les familles courraient dans tous les sens pour rejoindre leur foyer et les hommes, probablement des guerriers, prenaient leurs arcs et lances et se mettaient à leur poste.

    L’homme que je suivais se dirigeait vers une sorte de magnifique palais dont la façade était creusée dans la roche. Il était aussi grand que la Pyramide de la ville des Trois Souverains. De superbes colonnes décoraient admirablement bien ce bâtiment et ne laissait pas indifférent le cœur d’un Elfe. Même le plus orgueilleux des nains ne resterait pas insensible.

    L’homme était essoufflé et se fatiguait vite à présent. Je commençais à le rattraper. J’étais juste derrière lui lorsqu’il rata une marche. Il serait tombé si je ne l’avais pas rattrapé. Je l’aidai à gravir les dernières marches et nous rentrâmes à deux dans le palais. Il se précipita vers une immense porte de bois blanc en face de nous. Nous débouchâmes dans une incroyablement grande salle creusée dans la montagne. Des colonnes soutenaient le plafond décoré de frises richement colorées contrastant avec le gris morne et sombre du reste de la salle. Elles racontaient l’histoire de ce peuple mais je n’avais guère le loisir de les étudier.

    Lorsque le coureur s’arrêta, il s’inclina vivement devant un vieil homme assit sur un trône d’argent dont les poignées étaient composées de rubis et d’autre pierres polis ressemblant à du mana inactif.

« Mon Roi…le sorcier arrive…dans quelques minutes, il sera sur nous… Que doit-on faire ? Quels sont vos ordres ? Demanda t-il à l’homme.
- Maudit soit ce mécréant…qu’il périsse avalé par un de ces Dragons des Mers Lointaines… Nous devons attendre et nous défendre…
Il se leva péniblement et continua
- appelles tous les combattants valides. Hommes et Femmes. Qu’ils préparent leurs arcs !
- Mais Sire, nous ne tiendrons jamais à ce sixième assaut !
-Pas de défaitisme mon garçon. Vas maintenant, que je vois quelle créature tu nous as amené » déclara-t-il en me dévisageant intensément.

    J’étais légèrement outrée par ce terme de « créature » Les Elfes sont plus nobles que de simples Hommes. Le coureur se leva, fit un salut à son roi, se retourna et me regarda à son tour, surpris. Il n’avait pas remarqué ma présence jusqu’ici. Il se remit à courir vers la sortie pour mener à bien sa mission.

    Le roi se tourna de nouveaux vers moi lorsque son sujet fut hors de vue. Il m’observait comme le ferait un écureuil face à une lame d’épée : avec curiosité et méfiance. Sa voix grave et aussi autoritaire que précédemment lança :
« Qu’es-tu pour nous importuner de la sorte ?
- Que suis-je ? Voilà une bien étrange question pour un souv…

-Réponds ! Hurla-t-il
-et bien ! Répondis-je passablement outrée par ce comportement mais essayant de rester la plus courtoise possible. Je vais vous répondre, puisque vous n’avez pas l’air de vous y connaître en « créature » de ce monde…
-Je…
-Hep, fis-je plus rapidement. Je me nomme Arwen, je suis Elfe de Profonde-forêt au-delà de Brinbois et voisin de la Krosia et fille de Enalir Seigneur de la Colline-aux-Erables. Je suis aussi émissaire de la Ville des Trois Souverains de la SMF, au centre de la Grande Plaine. Je cherche à rejoindre la Petite Plaine pour des affaires qui ne vous concerne en rien. Cela vous convient-il ?
-Je n’ai que faire de vos affaires et ne connais rien des lieux cités
Il s’arrêta et poursuivi quelque seconde après d’une voix plus timide et arborait un air gêné :
-mais, je suis confus de l’accueil que je vous ai réservé Noble Elfe…Mais comprenez qu’en ces temps de guerre avec ce mystérieux sorcier et le fait que je n’aie jamais rencontré de... d’Elfe.
-Cela n’est rien... »
    Un grand bruit se fit entendre suivi de hurlement et de sifflements de flèches. Le Roi pâli et était décomposé par la peur. Il me regarda et me supplia :
« Ô Noble Elfe, aidez-nous, aidez moi… je ne sais que faire…Ce sorcier nous attaque depuis trop longtemps avec des armes des créatures étranges et des forces maléfiques que nous ne pourrons jamais vaincre !
-Ce sorcier ne fait qu’utiliser la Science du Mana…Pourquoi ne faites vous pas de même ?
-La Science du Mana ? Mais le Mana n’est qu’un simple minéral tout juste bon à orner mon trône !
-Vous ne connaissez rien de la Magie ?
-La Magie n’existe pas voyons !
-Au contraire, Sire. La Magie est tout et partout. Sans elle, le monde ne serait pas…Ne sentez-vous pas une force étrange venant de la Montagne ?

-Certes…Donc, cette Force serait utilisable ? Voilà une bien incroyable idée…
-c’est pourtant le cas. Si ce sorcier a des pouvoirs, c’est grâce au Mana. Il l’utilise pour ses sortilèges et pour l’apparition de ses créatures grâce à l’apprivoisement ou aux pactes de Mana…mais ceci est trop technique pour être expliqué ainsi.
- On dirait presque entendre Tharic, murmura-t-il. Vous, Vous connaissez cette science ?
-Je la pratique, en effet…bien que je sois rouillée en ce qui concerne les duels…

-Aidez-nous donc ! Nous ne connaissons rien à ce sujet, nous sommes des proies faciles pour ce misérable…Ces histoires de magie n’existent que dans les Histoires que mon Conseiller essaie de traduire de ces murs. Ce sont les Histoires des Anciens. Elles parlent paraît-il de Légendes…
Je regardais ces frises et vis une personne intéressante :
-Lui, par ici est une Légende. C’est Gerrard de l’Aquilon… Je vous aiderais donc…mais à une seule condition.
-Oui, tous ce que je pourrais vous obtenir… dit-il avec inquiétude
-De la nourriture pour mon prochain voyage pour moi et pour mes chevaux.
-C’est tout ?
-oui
-Très bien ! Vous ferez aussi partie de ces légendes aussi !
-Très peu pour moi… Les honneurs ne me conviennent pas. D’autant que rien n’est gagné. »

    Je fus interrompu par un énorme cri venant d’une créature tombée contre le palais le faisant trembler jusque dans ces fondations. Un homme entra dans la salle, blessé, terrorisé et couvert de sang.
« Sire…il repart…Nous avons eu une de ses créatures…Il a dit qu’il reviendrait demain à la même heure… »
Le roi me regarda soigner l’épaule de l’Homme avec un regard implorant. Me relevant, je lançai d’un air assuré :

« Très bien, je serais prête… »


Chapitre XI

Thérantia


    Après un grand repas avec un Roi très tendu et muet, j avais dormis dans une somptueuse chambre décorée d objet d un artisanat humain ancien. Il y avait de magnifiques tapis dans toute la pièce et de nombreuses choses à l utilité douteuse étaient posées sur des meubles en bois précieux. Ils étaient gravés de fleurs et de feuilles, le tout vernis, faisant du plus bel effet. Au mur, des tapisseries décrivant des scènes de chasse dans une plaine et des tableaux aux sujets divers étaient accrochés. Mais un seul avait attiré ma curiosité. Il se trouvait juste en face du lit à baldaquin drapé de tissus de soie vert tendre. Il représentait fidèlement la forêt. L Homme qui avait peint ceci devait connaître les Elfes pour mettre dans de cœur et de talent pour un « simple arbre ». Car seul le contact avec les Elfes pouvait ouvrir l esprit des Hommes parfois aussi aveugle qu un gobelin en matière de beauté. Ils ne voient pas la Nature. Ils ne ressentent pas se force. La signature en bas à droite confirmait mon hypothèse, elle était écrite en Elfique Ancien, langue que je parlais dans ma lointaine enfance.

    Je me dirigeai vers la fenêtre. Ce n est qu à cet instant que je réalisai l heure très matinale à laquelle je m étais levée. Les parois du cirque cachaient le lever du soleil mais je devinai que l astre venait de paraître par la clarté du ciel limpide et par les jeunes rayons nouvellement nés qui touchaient doucement des nuages aux tons or et rosé.

    Mon regard quitta le ciel pour se poser sur la Grand Place nappée dans les ombres de la nuit qui se terminait et constellée de petites flammes allumées par les habitants craignant pour leur vie. J y vis l Arbre Eternel un peu à droite du centre de la Place. Il avait de grandes feuilles persistantes d un vert profond mais je doute que même un arbre caduc perde son feuillage dans ce cirque où il règne une douceur printanière dans cet hivers pourtant bien avancé et qui avait promis d être plus rude. Je promenais mon regard sur le vaste jardin où poussaient toute l année légumes et fleurs de toute sorte. Puis, je vis la porte. Des Hommes armés surveillaient l entrée. C est alors que je remarquai le prolongement de la ville sur la gauche de cette porte. Des dizaines de maisons dans la paroi étaient visibles mais il semblait plus que probable que d autres se situaient plus loin dans ce canyon. Ce n était pas un village ou une ville mais c était bien d un pays qu il s agissait.


    Après cette longue observation, je décidai d explorer cet immense palais et d y étudier les étranges frises de la grande salle. Je sortis lentement et silencieusement de la chambre. J étais à présent dans un long couloir. Tout était d un calme, un faux calme. Je sentais l inquiétude et la tension roder avec le léger courant d air qui me frôlait le visage.

    Après quelques minutes dans de nombreux couloirs aussi richement décorés que la chambre, je descendis un escalier en colimaçon. Il était creusé dans la montagne même, comme tout ici. Malgré l admirable fabrication de toutes ces pièces et couloirs, il semblait que l art de les construire était perdu dans les méandres de la mémoire des Hommes car certains détails de sculptures témoignaient du manque d entretient. J arrivai enfin dans le grand hall où j avais poursuivi le Coureur. J avais devant moi la porte de la salle du Trône d Argent. Elle était ouverte, j entrai.

    Dans la pénombre des colonnes qui ornaient la salle, j avais l impression qu elle avait grandi depuis le repas de la veille. L immense table de bois clair mise pour l occasion était débarrassée et il ne restait plus une preuve qu une réunion s était tenue ici même. Il ne s était rien passé d important à ce repas. Comme je le disais plus haut, le Roi et ses conseillers étaient restés aussi muets qu un poisson de la Rivière-d Argent. Je n ai juste appris qu un des conseillers était absent : le conseiller politique et Historien du Royaume. Il était parti de l autre coté du pays (donc du Canyon) pour régler une querelle de voisinage dans laquelle sa famille était concernée.

    J étais maintenant au centre de la salle. Au-dessus de moi, des peintures jadis somptueuses sans doute s effritaient avec le temps. Je me dirigeai vers ce qui m intéressait le plus : les frises historiques.

    Il était étrange de penser qu un royaume entier ne connaisse rien de la Science du Mana. C était d autant plus étrange lorsque de vis gravé à jamais dans la pierre le Pentacle aux Cinq Manas. Des descriptions en Langage Ancien expliquaient les bases de la Science, les Créatures et même l Apprivoisement, le Pacte de Mana et la différence entre Sorcier et Mage. Cette partie de la frise était entièrement dédiée au Mana. Comme toutes les autres se trouvant sur ce mur.

    Je me retournai donc vers l autre mur. Celui ci était consacré à l Histoire du royaume, le tout en Langage Ancien. J y appris que ce pays se nommait Thérantia « dans la montagne ». Il fut fondé après l Ere Glacière et prospéra longtemps, s agrandissant de plus en plus jusqu à être un passage obligé pour les voyageurs. Je me rappelai soudain le nom elfique qu on lui donnait : «Romeherui » ou «  Pays de l Ouest » car c était l accès aux terres de l ouest pour les Elfes.

    En poursuivant, j appris aussi que de nombreuses Légendes y séjournèrent comme Gerrard de l Aquilon et Sissay ou encore les malheureux Ixidor et Jeska alors inconnus et sans renommée, et même la Bénie Serra est venue.

    Thérantia était donc un royaume prospère et pacifique. Pourtant, la frise s arrêtait nette. C était durant le règne d un certain Onurin, fils d un grand magicien nommé Eldurin. Ce dernier ne m était pas inconnu. Un traité avait du être signé par ce roi. . .oui, c était bien cela, ma mémoire revint. Eldurin avait été un médiateur entre les représentants de la ville de Mésa et des Elfes Quirionnais. Un désaccord mineur et futile avait contraint les deux parties à prendre les armes. Ce n était qu après deux semaines de combats acharnés et d affrontements diplomatiques violents que Eldurin fit signer la paix. Mais sur la frise, après Onurin : plus rien.

    Je regardais ce bas relief attentivement. Elle m intriguait. Pourquoi l histoire s arrêter là. Que s était-il passé pour que tous ces Hommes oublient la Science du Mana d un seul coup ? Pourquoi même les Elfes (dont moi) avaient oublié cette ville ?

    Un bruit de pas derrière moi me tira de mes réflexions. En me retournant, je vis avancer vers moi un Homme d une vingtaine d années. Il portait l aube grise brodée de rouge des Conseillers du Roi. Il était relativement grand et ses cheveux blonds frisés et en bataille reflétaient le moindre rayon de lumière lui donnant une sorte d aura qui disparaissait une fois dans l ombre. Des binocles en métal noir cachaient ses yeux d un bleu azur. Il avait l air à la fois instruit et candide et sa démarche, quoique sûre était maladroite. Il s arrêta devant moi et s inclina :
« Mon Seigneur m a informé de votre volonté de me voir Dame Elfe. Dit-il posément avec une voix assez aiguë pour un Homme.
-Cela est bien probable. Vous êtes l Historien Royal ?
-En effet, je me nomme Tharic de Villoy et l un de mes rôles est de reconstruire l Histoire du Royaume. Mais c est une tâche difficile à accomplir : je ne suis que le deuxième historien depuis le règne de mon Seigneur. Et j ai encore du mal à traduire certains mots de la Langue de nos Anciens. . .
-Langage Ancien, corrigeai-je machinalement
-Vous. . .vous comprenez cette langue ?

-C est la langue précédant le Langage Commun. Mais où en êtes-vous dans vos recherches ?
-Et bien après quatre années d études, j ai déchiffré la majeure partie des frises mais des termes comme ceux parlant d une certaine Grande Magie me dépassent et reste le mystère d Onurin-le-maudit.
-Ce que vous ne comprenez pas au sujet de la magie est normal. Ce sont des termes techniques sur la base du Mana.
-En effet, rien de tout cela ne m est connu.
-Et sur l Histoire ?
-J ai reconstitué et retranscrit dans ces livres le début de Thérantia. Comme je vous l ai dit, il n y a que la fin que me pose problème. Il y a aussi les nombreux noms de personnes évoqués.
-Mais n y a-t-il pas un Ancien qui se souvienne de quelques choses du Passé ?
-Malheureusement non. Tout a été effacé, de la mémoire aux Grands Livres Blancs de la bibliothèque. Pas une inscription hormis ces frises.
-Il faut dire que même ma mémoire sur Romeherui me joue des tours...
-Les Elfes sont venus en effet. C est noté ici je crois...oui, ils ont planté le Grand Arbre en signe d amitié. C est de plus en plus étrange » se dit-il. Lorsqu il parlait, il perdait cet aspect candide et semblait avoir vieillir de dix ans au moins. De même lorsqu il m écoutait, il prenait des notes très sérieusement comme les Enfants-Elfes apprenant à reconnaître les arbres. « Gerrard, Sissay. . .Serra, Jeska. . .Urza, Ixidor. . .Ces personnes me sont totalement inconnues.
-Où avez-vous vu Urza ?
-Ici : « Urza le grand scientifique et constructeur de Machines est venu pour ses recherches de l année 4389 à l année 4399. . . »
-Avez-vous une idée de la date du cataclysme ?
-Du jour de l Oubli comme je l ai appelé ? Et bien ce serait vers 4402, après le départ d un certain Mishra, me dit-il en me regardant d un air interrogateur.
-Serait-ce possible que...
-Que quoi ? Ne me faites pas attendre ! »
    Mais notre conversation se termina ainsi. Des serviteurs préparaient le Déjeuner du midi et le Roi s installa à sa place, sur son Trône d Argent. Il nous invita à nous asseoir avec les Conseillers. L atmosphère, bien que tendue, était allégée par un ménestrel jouant de sa mandoline, chantant la gloire du ciel et de la course du soleil.

    En mangeant fruits et légumes du jardin et des pièces de viande de Bouquetins des Montagnes, je parlais à Tharic d Urza et de Mishra, de leur rivalité et de leurs Artefacts. Car il était bien possible que le cataclysme en question soit un disfonctionnement ou même un sabotage d un Artefact. . .rester à savoir lequel et où se trouvait-il.

    Le joueur de mandoline s arrêta net, et avec lui, toutes les conversations. Le Coureur s avançait précipitamment vers le roi, terrifié. Ses pas résonnaient dans toute la salle de façon terriblement lugubre. Il parla à l oreille du Roi qui pâlit immédiatement et avec lui les conseillers et Tharic. Ils avaient compris que le Coureur apportait un message du Mage. Le Roi se leva lentement, livide et le regard perdu dans une terreur folle :

    « Il...il est là...dans une heure...que l armée se prépare et que vous, Conseillers, allez vous abriter.
-Mais vous Seigneur, demanda Tharic. Il était visiblement très inquiet pour son souverain et lui portait un grand amour.
-Je dois me préparer à affronter cet ennemi car tel est mon destin. »
    J'étais émue du courage qui venait d apparaître dans sa voix. Il paraissait être un grand Roi comme il y en a dans les histoires.

    Les conseillers se levèrent et je me dirigeai vers le Roi qui s était assis lourdement sur son trône. Il semblait plongé si profondément dans ses réflexions que j hésitai à parler. Tharic était là.

« Mon Seigneur, je ne faillirais pas à ma parole, lui dis-je. Je vous protègerai du mieux que je le pourrais
-Noble Elfe, je vous ai embarqué dans cette histoire mais je ne vous retiendrai pas plus. Vous être libre de vos actes et de votre parole. Je suis prêt à faire face à mon Destin.
    Ce n était plus du courage mais de la fatalité. Tout espoir s était envolé.
-Je me suis engagée seule dans votre histoire. Et je désire y rester car je voudrai en connaître la fin et tel est mon rôle aujourd hui.
-Très bien, comme vous voudrez. Mais laissez-moi seul à présent »

    Et il s affaissa sur lui-même comme si les minutes s'étaient muées en années qui s écoulaient avec leur effet destructeur sur les Mortels.
Je sortis de la Grande Salle avec Tharic à mes talons :
« Noble Elfe, allez-vous nous aider ?
-Etes vous sourd Tharic ? Demandai-je d un ton léger, en souriant.
-Non, non. Vous êtes juste ma source d Espoir Dame Arwen.
-Et votre "source d'espoir" doit se préparer à affronter un ennemi. Apportez-moi un peu d eau claire et filez.
-Tout de suite ! »

    Et il courut. J'entrai à nouveau dans ma chambre qui n avait pas changé hormis les draps et la fenêtre ouverte qui, en ouvrant la porte, créa un courant d air frais du dehors. Tharic m'amena un verre et une cruche d eau du puit, s inclina et fila.

    Seule dans ma chambre, je m installais à terre devant le Tableau de la Forêt. J avais moins d une heure pour me concentrer sur les sorts que je connaissais et pour prévenir mentalement toutes les créatures apprivoisées et les personnes liées au contrat de Mana. Après cette tache qui dura une demi-heure, je me concentrai sur mon Mana.

    Puis, quelqu un frappa à la porte. C était Tharic :
« Dame Arwen, venez vite, le Sorcier arrive »

    Le Roi était sur le parvis de son palais. Les habitants étaient cachés derrière leurs fenêtres closes et les armes des gardes tremblaient dans leurs mains. J étais dans le hall, armée de mon arc et d Elsila. Tharic me disait que mes chevaux étaient en sécurité et il me suivit jusqu à la porte d où venaient les premiers cris et la voix du sorcier : « ...Roi fou, je t avais prévenu. Ta perte est proche... »

    J'étais maintenant au seuil de la porte. Le Roi était au pied de l'escalier, droit comme un i, le regard dénué de tout sentiment et paralysé par la peur.

    La Machine volante était là. Le sorcier, grand, roux et vêtu de bleu semblait ne pas m avoir vu. Le Mana bleu brillait dans ses yeux. Il venait d invoquer une créature : un Filemer changebrume. La créature était à l écoute de son maître qui lui donna l ordre d attaquer le pauvre Roi. L Illusion pris de l altitude puis descendit en pis vers le Souverain pour. . .disparaître dans un rayonnement de lumière aveuglante.


Chapitre XII :

 Le duel


« Quoi ! » Brailla le Mage du haut de sa machine. Il était stupéfait et ne comprenait pas. Il resta quelques temps figé dans sa colère muette. Le Roi ne disait rien non plus. Il était soulagé et aussi étonné que le Mage.

    Sa peur le quitta un instant lorsqu’il se retourna et me vit lui faire un clin d’oeil. Il remonta l’escalier et se figea à mi-course entre la première marche et la porte. Il regardait le Sorcier qui ne comprenait toujours rien. Hésitant, ce dernier lança :
« Alors, vieux roi, tu connais la Magie ? » Le roi resta muet, sa peur revenait en lui. »Et bien, dit-il avec un ton retrouvant son autorité orgueilleuse, tu périras d’autant plus vite… » sa voix se fit alors forte et menaçante « Tu observeras le sort que je réserve habituellement aux mages que je défie ! »

    Le roi fut alors pris de panique. Il se retourna vivement et se mit à courir vers son palais, bousculant violemment Tharic qui était resté sur le seuil de l’immense porte d’entrée. Le mage bleu eu l’air satisfait de cette fuite et se mit à rire. Un rire sonore et guttural qui se répercuta sur les falaises de la gorge. Il s’adressa alors aux habitants prostrés dans leur foyer :
« Voilà le petit sorcier qui se débine ! Voilà le vrai visage de votre roi : un vieil homme gâteux et incompétent de surcroît! » Et il se remit à rire de plus bel. Tharic ne tenait plus derrière moi. S’il avait pu, il se serait jeté dessus. Je le priais silencieusement de rester là où il était, ce qu’il fit à contre cœur, bouillonnant de colère : on avait insulté le Roi.
« Ce sera donc encore plus facile que je ne l’avais cru ? Ne ferez donc vous rien, misérables villageois que vous êtes ?
- Tu te trompe, fis-je en avançant tête baissée, le royaume de Thérentia est sous ma protection. Lui, son Roi et son Peuple.
- Qui a parlé ? Demanda le Mage se retournant vers moi avec surprise. Qui es-tu guerrier ? »

    Je levai la tête lentement afin de capter son regard. Il soutint le mien quelques secondes puis se détourna, une lueur de peur s’étant mêlée à celle du Mana dans ses yeux. Il essaya de retrouver un ton menaçant mais ne réussi qu’à émettre un son éraillé par la peur de l’inconnu. Visiblement, c’était sa première attaque à une chose nouvelle.
« Je répète, Qui es-tu Elfe ?
- Mon nom, tu le sauras peut-être une fois que je t’aurais vaincu Sorcier. En Déclarant une guerre que nul Thérantiens ne peut supporter, tu m’as déclaré la guerre…. D’autant qu’une de tes créatures est morte…continuons donc ce duel dans les Règles de la Science. »
Les yeux du Sorcier s’enflammèrent de colère et d’un goût de défi :
« Très bien Elfe, allons vers ta perte ! »

    Un silence régna. Le silence d’avant une bataille. L’air en était saturé et immobile hormis un Mur. Mon Mur d’air que le Mage n’avait pas remarqué, ce qui était positif pour moi.
    Il se prépara à invoquer une nouvelle créature. Elle apparut sans qu’il dise son nom. La chose était nappée dans une sorte d’ombre : c’était une Mue.
« Boomerang » comme une tempête m’inonda l’esprit. Une odeur de sel et d’iode se fit sentir et mes yeux se tintèrent de bleu. La créature fut absorber par un nuage de fumée. Il n’avait donc toujours pas de créature…Mais mon Mur ne pouvait pas attaquer… Il me fallait récupérer le mana utilisé rapidement et réfléchir à une créature pouvant m’aider.

    Le sorcier fut mécontent de la disparition prématurée de sa Mue mais il n’était pas inquiet. Il me testait comme on teste un cheval inconnu, pour voir ses réactions. Il en invoqua une autre « Elémental d’air »

    Du ciel, une silhouette féminine apparue. Cette créature avait le vol mais n’était pas un danger pour mon mur…à moins qu’il la renforce. Il me fallait frapper fort et maintenant. J’aurais le temps d’appeler une créature plus tard. Je fit usage d’un nouveau sort : Je me concentrai puis fis comme si j’avais un arc. Je bandai la corde imaginaire, ce qui amusa le sorcier. Puis, je laissai partir la flèche inexistante en prononçant « Autodafé de livre. »La flèche se matérialisa alors dans une matière faite de magie pure. Si le Sorcier ne faisait rien, le sort lui infligerait une sorte d’amnésie qui l’empêchera d’utiliser la tactique qu’il venait de prévoir. Si au contraire, il voulait garder cette idée, la flèche lui infligerait de dangereux dégât… il réfléchissait à ces possibilités alors que la flèche se dirigeai inexorablement vers lui et en accélérant. Alors qu’elle était à 50 centimètres de lui, il pencha l’épaule gauche. La flèche s’y ficha dans le bruit caractéristique d’une arme qui transperçait la chaire. Le sorcier hurla, faisant sursauter Tharic qui était à quelques mètres de moi. Le Mage serait les mâchoires : 

« Tu es forte…oui, et redoutable. Mais saches que je n’ai jamais été vaincu Femme Elfe
- Mais il y a un début à tout, dis-je calmement, et si tu n’es pas sur de toi, tu peux encore abandonner…
-Jamais ! Invocateur, viens à moi ! »

    Un homme aux cheveux blancs et longs apparu. Il était vêtu de bleu comme son maître et muni d’une étrange canne : l’invocateur braisillaile.

« Elemental ! Attaque cette créature des forêts !! »

    La silhouette se dirigea alors ver moi dans un courent d’air…Mais, après un geste imperceptible de ma part, mon Mur s’interposa. Le choc fut rude mais il tint bon…pour l’instant. Le Sorcier réalisa son erreur…mais il ne la commettrait plus désormais.

    A présent, le Mage avait l’Invocateur braisillaile, un redoutable sorcier qui, avec un apport de Mana avait son pouvoir renforcé et le vol. Les Sorciers de son rang étaient mercenaires et dangereux. Mais c’était à mon tour. L’Elémental étant contré, il ne me poserait pas de problème…Avec un seul mur, il était dur de survivre longtemps. Je devais réfléchir et vite.

    Une idée me vint alors. J’étais en forme et la totalité de mes capacités magiques pouvaient me permettre d’invoquer quelque chose de grand…mais de caché…Je mis à contribution la quasi-totalité de mon Mana.

Maîtresse Elfe ?
Viens à moi sous ta forme cachée
Bien Maîtresse, ma force est votre


    Une ombre apparue entre le sorcier et moi. Le Mage se tenait prêt mais aucune créature n’apparut vraiment. C’était une Mue. Je fus alors prise de vertiges et d’une grande fatigue. Tharic vint pour me soutenir, je le repoussai gentiment.

    Le Mage, me voyant ainsi, su que la créature devait être puissante. Cela ne l’empêcha pas de profiter de ce moment de faiblesse. Il donna du pouvoir à l’Invocateur. Le sorcier s’inclina avec reconnaissance et fut nimbé d’un bleu abyssal et des ailes, telles celles d’un insecte bleu lui apparurent dans le dos. Il s’éleva de quelques pieds et attendit que le Mage lui demande d’attaquer. Ce qu’il fit rapidement.

    L’invocateur s’approcha vivement de moi en flottant dans les airs. Comme personne ne vint le bloquer, il se planta devant moi et jeta une sorte de boule d’énergie sur moi. Je ressentis une violente douleur traverser mon corps alors que Tharic et autres habitants assez téméraires pour s’approcher étouffèrent un cri.

    « Et voilà comment je mate les Elfes : en les abattant comme on abat une forêt ! » Jubila le Mage. Mais sa remarque ne me toucha guère : mon Mana était à nouveau à sa pleine puissance et les blessures subies n’étaient finalement que superficielles.

    Je fis alors apparaître une nouvelle créature. Le vent se mit à souffler doucement. IL était aussi doux qu’une brise d’été et emportait avec lui un chant mélodieux et divin. C’est alors que vint une femme en blanc. Une cape tout aussi blanche la suivait portée par le vent. Le Mage n’en cru pas ses yeux : La Muse née des vents se tenait là, à mes côtés. Elle me regarda avec ses yeux pétillants de bienveillance :

« Je suis avec toi à présent
- et je t’en remercie chère Muse » Je me détourna d’elle « Collet aérien »
Un filet de lianes se matérialisa dans mes mains et le lançai en l’air vers l’Elémental qui s’écrasa violemment au sol, mort.

    Le Mage était littéralement pétrifié par la surprise. Le doute se manifesta dans sa pensée. C’était en fait la première fois qu’il était en difficulté dans un duel. La première fois qu’il combattait un adversaire lui opposant une résistance si grande. Mais cela réveilla en lui un goût de défit. Il voulait vaincre, rien que vaincre pour avoir son Royaume…et il l’aurait…


 
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Mardi 25 octobre 2005

Par Arwen - Publié dans : L'aventure d'une Elfe
Le début, c'est ici
L'épisode précédent c'est ici

L'Aventure d'une Elfe
Chapitres 7 à 9




Chapitre VII

Entrée sur les Terres Gobelines.



    Cela faisait deux heures que j’avais quitté le Village en ruine. Le soleil était passé à l’Ouest et amorçait sa descente. Nous grimpions de plus en plus, mes compagnons et moi, vers le haut de la Montagne en empruntant un chemin en lacet et très accidenté. Mais les équidés avaient le pied sûr et ils m’emmenaient vers les hauts au pas mais avec une incroyable sécurité malgré le précipice à ma gauche et la paroi raide à ma droite. Les roches étaient d’un rouge sombre et semblaient composées de minerai de fer mais aussi de pierre de Mana…Ce qui n’était guère probable. Le Mana ne se trouve pas à l’état naturel…ou en tout cas, pas de cette manière.

    Les alentours semblaient vides. Il n’y avait aucun être vivant ni aucun bruit hormis celui des sabots des chevaux. Plus nous montions, plus la végétation disparaissait pour laisser place exclusivement à cette couleur rouge, entêtante pour un Elfe. Le vent devenait de plus en plus froid à mesure que nous avancions. Parfois, nous entendions l’écho d’une quelconque rivière souterraine qui sortait à l’air libre pour replonger dans les profondeurs de cette terre. Pourtant, je savais qu’il ne fallait pas se fier à cette illusion de désert…Je sentais d’ailleurs des regards nous épier.

    Autour de nous, il n’y avait que roches, falaises, à-pics et pitons rocheux. Nous continuions le chemin qui montait toujours plus et toujours plus fort. Je du descendre de Brego pour lui faciliter la tâche. Une sombre pensée m’envahit doucement. Si nous devions escalader une paroi verticale, les chevaux ne pourraient me suivre…terrible idée que celle de la séparation.

    Le Soleil était encore bien au-dessus de nous lorsque nous arrivâmes sur un petit plateau. Un torrent sortait des entrailles de la terre en une petite cascade d’eau pure. De la végétation poussait autour du cour d’eau sous forme d’une herbe rase et de petits buissons aux fruits rouges comestibles mais non goûteux. Nous nous désaltérâmes et restâmes un long moment dans cet endroit que l’on pourrait qualifier d’Oasis…en tout cas, cela en était une pour un Elfe.

    Ici, on entendait les sons de présence et de vie. Des empruntes étaient visibles. Il y avait des traces de bouquetins, courants dans cette région. Mais il y avait aussi, chose qui m’intéressait plus, des gobelins…Une dizaine était passée par ici deux jours auparavant. Cela fesait bien longtemps que je n’avais vu leur maître… malheureusement, le temps ne me permettait pas de m’attarder.

    Après plus ample réflexion, je décidai de passer la nuit ici. Je m’installai près d’une cavité dans la roche. Je n’allais pas allumer de feu…trop risqué. Je n’allais pas non plus oublier mes armes… beaucoup trop risqué.

    La nuit se passa finalement sans encombre. C’était une nuit calme et claire grâce à la présence de la lune dans son plein. L’air était pur aussi et l’eau me berçait de son chuchotement entre les rochers.

    Le matin clair était là mais le soleil avait peine à ce placer au-dessus des Montagnes si bien que nous marchâmes longuement dans les ombres qui peu à peu, se cachaient dans leur trou.

    Nous marchions depuis fort longtemps quand un grognement se fit entendre. Brego s’arrêta net. Le grognement recommença…mais se n’était pas un simple grognement…c’était un langage :
« Halte là, étranger des forêts…présente-toi »  dit le gobelin. Il était petit et vert, comme tous ses semblables. Il nous menaçait avec une lance dont la lame brillante présentait plusieurs tâches rouges qui avaient pour origine certaine quelques jus de fruits…Je lui répondit dans son langage que, pour plus de commodités, je transcris en Langage Commun :
« Je suis Elfe de Profonde Forêt, au-delà de la Forêt Quirionnaise. Je dois traverser ton territoire pour me rendre de l’autre côté des Hautes Montagnes et rejoindre la Petite Pleine.
- Moi, Piquier Gobelin, dit le gobelin en levant son arme, je ne peux accepter ta requête…mes ordres sont clairs : Non, tu ne dois laisser personne entrer pas ton poste qu’ils ont dit…alors j’obéis.
- Je n’ai guère envie de me battre aujourd’hui et guère le temps de décrire mon mécontentement à ton Maître…Laisses moi passer par les Trois Souverains…
- Qu’as-tu dit ? Demanda le gobelin les yeux écarquillés.
- …Euh, j’ai parlé des Trois Souverains et de ton maître…Pourquoi ?
- Connais-tu Sa Majesté Mon Maître ?
- Euh…oui
- Alors tu dois être l’Aimée de mon Maître !
- Pardon ?
- Mais oui ! L’Aimée de mon Maître ! l’Elfe dont il n’arrête pas de parler !

- …l’Aimée… incroyable… Mais assez bavardé, je dois te quitter ici, dis-je fermement en touchant mon épée.
- Bi-bien entendu, bégaya-t-il, sa lame tremblant entre ses mains, mais vos bêtes ne pourront pas vous suivre bien longtemps. Et surtout lors de votre retour, venez lui rendre visite… il se morfond de votre absence…
- Je n’y manquerai pas Dramir, je n’y manquerai pas. »
    C’est ainsi que je pénétrai dans les Terres Gobelines.

Après de nombreux Miles à travers les montagnes, je me rendis compte de la véracité des dires de Dramir…Devant nous, une immense falaise infranchissable pour des êtres à quatre pattes… Mais que pouvais-je faire d’autre ? Aucun autre chemin ne menait à la Petite Plaine… Le doute m’assailli. Je restai la devant la falaise tout le jour et une grande moitié de la nuit. Brego et Pied-de-lait broutaient paisiblement sur le plateau du Pays Gobelin…Mais que faire ? Au milieu de la nuit, je me décidai à dormir…La nuit porte conseil à ceux qui en demande.





Chapitre VIII

Perdue dans la montagne


    Cela faisait maintenant quatre jours et quatre nuits que nous nous perdions sur les chemins tortueux des Hautes Montagnes. Je n’avais aucun moyen de savoir où nous étions et mes vivres commençaient à manquer. Un nouveau jour semblait s’être levé. Le cinquième depuis mon passage devant Dramir le Piquier Gobelin. L’aube était grise et oppressante. Le vent était froid et piquant. L’hiver approchait à grand pas. Mais l’hiver des Hautes Montagnes était étrange. La neige et la glace peuvent tout immobiliser comme dans les récits des Anciens de l’Ere Glacière sur le flanc Ouest alors que cette saison semble ne pas exister sur le flanc est, vers la Petite Plaine.

    Nous avions tout de même de la chance de trouver les nombreuses « Oasis vertes » dans les montagnes. Cela en était réconfortant et reposant. Mais je me demandais souvent si j’avais pris le bon chemin, la bonne décision face à cette falaise. Mon cœur se faisait lourd maintenant. Jusqu’à présent, j’avais su gérer les défis et surpasser les épreuves que je rencontrais. Mais depuis mon entrée dans la Terre des Sommets, au-delà des Terres Gobelines, rien ne va plus.

    Cela avait commencé le matin devant la Falaise. Une bête, le Glouton à éperons avec son pelage noir et blanc, ses yeux rouge sang et sa mâchoire féroce, s’est attaquée aux chevaux. Le hennissement de mes compagnons m’avait réveillé en sursaut. La main sur ElSila, je m’étais levée brutalement et, après quelques secondes d’analyse, je m’étais opposée à la bête et une bagarre s’était engagée. Après dix minutes d’un combat acharné, j’avais eu raison de lui avec en prime une blessure. Mon bras gauche était gravement entaillé. Je ne mis en écharpe. Je l’ai gardé deux jours…

    Les deux jours suivants, je ne pouvais que fuir. Je n’avais plus de courage et la joie m’avait quitté. Je n’étais habitée que de sombres pensées qui me parlaient d’abandons et de fuite…toujours de fuite. Mais je restais. Dramir avait eu raison…mais je n’abandonnerai pas. Je changerai de chemin sans doute, mais j’arriverai à mon but.

    J’arrêtai soudain mes considérations philosophiques. Le chemin tortueux se séparait devant moi. D’autres questions m’assaillirent. Quelle direction prendre ? Le chemin de l’Est m’approcherait du bu mais à l’ouest, il était plus facile. Cela faisait une demi-heure que j’étais debout, indécise. Brego et Pied-de-lait broutaient les quelques brins d’herbes sèches coincée entres les rochers. Le silence oppressant était toujours là. Et tout était hostile.

    Je décidai de reprendre des forces et de suspendre ma réflexion. C’est à ce moment là que je me sentis observée…Au moins trois créatures. L’une en haut de la falaise, à ma droite. L’autre derrière, au niveau d’une cavité. La dernière à gauche, derrière les rochers. Je songeai de ne pas en tenir compte…enfin, plutôt de faire semblant de ne pas les savoir là. Je les surveillerai, le temps de mon repos, ne sachant pas leur volonté.



Chapitre IX

Mana rouge


    Je me sentais vraiment mal à l’aise dans ces montagnes. Le Mana rouge était si présent, si oppressant…j’avais finalement choisi le chemin qui mène vers l’Est. C’était encore un de ces chemins qui ne font que monter, tourner, monter encore et toujours plus. Mais nous tenions bon. J’avais repris espoir malgré les difficultés et je sentais de nouveau le Mana Vert et le Mana blanc majoritairement dans mes veines, mais aussi le Mana Bleu que j’avais apprivoisé, il y a un moment déjà.

    Lors d’un arrêt, je tentai d’étudier le Mana Rouge qui composait la Montagne. Car il était clair à présent que ce Mana était partout autour de moi. J’avais décidé de l’apprivoiser au lieu de m’y opposer. Cela m’aiderait sans doute pour la traversée de cette Montagne Terrible.

    Il m’arrivait souvent de repenser aux Règles et aux Leçons de l’Ancienne Magie données par les Grands et Nobles Elfes. J’avais quelques notions théoriques de l’utilisation de ce Mana ainsi que quelques sorts sous son influence mais aucune pratique. Il avait été décidé que je ne me consacrerais uniquement à l’association vert/blanc. Décision arbitraire que j’avais toujours eu du mal à accepter. Mais maintenant maîtresse de mes actes, j’allais pouvoir m’initier à ce Mana comme je l’avais déjà fait avec le Mana Bleu lors de mes visites sur les Iles Elfiques, au-delà des villes côtières des Magiciens. Mais ces voyages ne pouvaient plus se faire depuis la guerre entre les Elfes et les Sorciers…mais ces récits ne rentrent pas dans le cadre de mon aventure…j’en donnerais peut-être les détails un autre jour.

    Je sentis assez rapidement l’effet du Mana. Lors de mes voyages, j’avais acquis la faculté de contrôler rapidement le Mana. Je me décidai à lancer un sort simple… encore fallait-il savoir lequel… Pour cet essaie, je pris pour cible un gros rocher. Je ne voulais pas risquer de blesser quelqu’un…même pas ceux qui me suivaient depuis la Division du Chemin.

    Je me concentrai, visualisant les Montagnes puis la caverne oubliée. Ce n’est pas la meilleure méthode pour invoquer le Mana. Ce n’est pas plus La méthode des vrais Initiés du Mana. Mais cette méthode avait la qualité de ne pas trop fatiguer. J’avais utilisé l’équivalent de deux Mana Rouge… Il enflammait mon sang. Je dis alors calmement « Marteau Volcanique ». Un marteau en fusion se matérialisa entre mes mains. Je le pris et me dirigeai vers le rocher. Je frappai. Le rocher explosa alors dans un formidable bruit qui fit sursauter les chevaux et les espions. Ma victime de granite n’était plus qu’un tas de rocailles minuscules. J’étais fière de moi. Et après cette action, je repris ma route.


    Le vent était toujours aussi froid et le chemin toujours plus dur. Mais je sentais moins l’oppression du Mana Rouge et de son pouvoir. Au contraire, chaque nouveau paysage me permettra d’accroître mes pouvoirs rouges, à défaut d’avoir une Pierre Magique. J’en avais six. Deux Blanches venant de Clitar-nhé la ville blanche au Nord de la Grande Plaine, deux Vertes venant de la Colline-aux-Cédres et deus Bleues venant d’Enasil l’île Elfique de l’Extrême Ouest.

    Les inconnus me suivaient toujours. Je les sentais même s’approcher de plus en plus de nous. Je n’avais pas encore réussi à savoir qui ils étaient. Apparemment, ils ressemblaient à des Hommes. Mais eux avaient l’art de se fondre dens ces paysages. Sûrement grâce à la Traversée des Montagnes. Capacité qui me serait bien utile.

    Je fis de nouveau un arrêt. Les chevaux étaient fatigués. Je pensai alors qu’il faudrait nous arrêter jusqu’à demain. L’après midi était bien avancée et le soleil, encore haut, se dirigeait vers l’horizon caché par les montagnes.

    Je descendis de Brego qui partit avec Pied-de-lait en quête de quelques végétaux roussis. Je leur donnai du Lembas et en mangeai moi-même un peu.

    Je vérifiais mes réserves de nourriture dans mon sac quand le ciel s’assombrit. Le soleil devait être caché par quelques nuages. Mais quelle fut ma surprise quand les chevaux hennirent violemment ! Leur réaction était étrange, comme celle des Hommes…

    Ces derniers bondirent de leur cachette et accoururent à grand cri sur le chemin, complètement paniqués, laissant tomber leurs lances. Je levai alors les yeux pour identifier la raison de cette soudaine peur. Je vis alors un bien étrange nuage. C’était immense. Je décidai donc de suivre ces Hommes tout en gardant un œil sur l’étrange machine semblant tout droit sortir d’une de ces usines infernales des Anciens Sorciers.

A suivre

 

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