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Le Blog d Arwen

L'aventure d'une Elfe - chapitres 4 à 6

24 Août 2005 , Rédigé par Arwen Publié dans #Vieux trucs plein de poussière

Chapitre 4

Deux Elfes et des pillards

 

« Mornie utùlië ! »

Un coup sec se fit entendre, suivit d’un hurlement. Celui-ci était plus de rage que de douleur.

« Ferme la et défends-toi, créature immonde dit une voix grave et nasillarde suivie de rires et de gloussements.

    Je m’approchai doucement pour voir cinq cavaliers, tous humains, tourner autour de l’Elfe inconnu, le frappant avec arc, bâton ou étendard, et l’insultant en Langue Commune de mots que je n’oserais rapporter. Leur chevaux étaient visiblement mal traités mais tout de même magnifiques. Il y avait quatre alezans et un gris parés de crânes et d’os. L’un d’entre eux avait la tête protégée par un casque fait d’un crâne de Dragon.

« Alors, bestiole des forêts, on est perdu sans sa verdure ? ». L’homme qui parlait était chauve et avait une affreuse barbe. Le bandana qu’il portait sur la tête me permis de l’identifier : Grishnack, chef des Pillards de l’Erg. Ils sévissent habituellement dans le sud de la Grande Plaine et au nord du Marennois… encore un phénomène troublant.

« Mornie utùlië ! »

Dans toute cette réflexion, j’en avais oublié l’Elfe mystérieux. Je ne pouvais le laisser ainsi. Il fallait agir. Mais seule et épuisée, je ne pouvais vaincre cinq cavaliers surexcités. Il fallait donc réarmer l’Elfe. A deux, cela irait mieux.

J’agrippai mon arc et une flèche. Je pris le temps de viser et de bander mon arme…attendant, calmement, le moment le plus propice, retenant ma respiration…quand le coups parti. La flèche fendit l’air avec un sifflement tel le bruit des ailes d’une chouette fondant sur sa proie. La pointe se ficha au milieu du bandana de Grishnack le Pillard. Il s’effondra sur le coup, provoquant la fuite de sa monture vers l’oasis la plus proche et la surprise des autres cavaliers qui n’arrivaient pas à définir l’origine du tir…Contrairement à l’Elfe qui me fixa. Je lui montrai ses armes et pris mon épée. Je glissai silencieusement vers la gauche, puis, à une vitesse fulgurante, je m’élançai vers les pillards paniqués en criant

« Elendil, Mornie alantia ! » (Elendil, les ténèbres tomberont)

Je décapitai un cavalier, son corps fut emmené par sa monture au loin pendant que l’Elfe, maintenant armé, sauta gracieusement sur la croupe du cheval gris et fit tomber son cavalier. Le destrier du dernier se cabra à mon ordre provoquant la chute du pillard qui se sauva en rampant, laissant son étendard derrière lui.

Je pris le cheval par la bride et allai à la rencontre de l’Elfe mystérieux à qui je rendis les autres armes (bâton et arc)
« Mornie alantië, dis-je (les ténèbres sont tombées)
-En effet, merci »

L’Elfe était assez grand. Sa peau était mate et foncées, comme le bronzage des Hommes travaillant au soleil. Ses yeux semblaient absorber la lumière par leur noirceur et ses cheveux étaient d’un noir de jais.
« Eh oh ! fit-il en passant sa longue main ensanglantée me ramenant à la réalité
-Comment ?
-Quel est le nom de l’Elfe qui m’a secourue ?
- Arwen Undomiel…mais par ici, je suis Arwen l’Elfe. Je vis une ombre assombrir son visage lorsque je mentionnai le mot « elfe »
-Tu es blessé ? demandai-je

-Non, ça va…j’ai connu pire
-Tu ne t’es pas présenté…
-Pardon, je me nomme Pouy…

A ce nom, je sursautai. Il s’en rendit compte et baissa les yeux. Ma réaction était due à la connaissance d’une légende elfique qui prétendait que, dans le sud de mes chères Forêts, à la Triple Frontière, habitait un peuple d’Elfes qui avaient des relations privilégiées avec un peuple de l’ombre, les Cauchemars. Un jour, une Elfe tomba amoureuse d’un de ces Cauchemars. Celle-ci donna naissance à un enfant, mi-Elfe, mi-Cauchemar. Il fut élevé par ses parents qui n’étaient pas bien vus par leur peuple. Mais ils étaient trop importants pour être exclus. Alors que l’enfant se baladait, les parents furent attaqués par quelque chose. Personne ne su quoi, mais les Esprits de la Forêt parlent d’un mystérieux dieu du mal. Le semi-Elfe devint orphelin car rejeté par les deux peuples. La partie de la forêt fut maudite et l’enfant partit pour parcourir le monde à la recherche d’un but à sa vie.

Si je rappelle cette histoire, c’est que son titre est « Pouy ». Je crois me souvenir que cela signifie « lumière de l’ombre » dans une ancienne langue des peuples noirs.

« Je devrais te laisser maintenant…Suis-je loin du Village des Trois Souverains ?
-non, tu es à environ 25 milles, tu iras vite à cheval…Tu connais ce Village ?
- Oui, un homme m’en a parlé. Un certain Yoy. Le connais-tu ?
-Yoy ? Mais bien sûr ! qui ne le connaît pas !

-Cela fait longtemps que je ne suis pas allé dans ce Village.
-En effet ! ce n’est plus un village mais une Ville depuis sa reconstruction.

-Reconstruction ?
- Oui, le centre de la ville ou Forum fut détruit par une puissance inconnue. Maintenant, tout est neuf. Je te conseil la Taverne de Dimup…Dis lui que tu viens de ma part…mais ne mets rien sur mon ardoise ! Dimup s’occupera de toi. Et demande Exterminateur ou Souben si tu veux un entretient avec les Souverains.
-Merci bien. »

Il monta sur le cheval gris et me lança un dernier regard que je ne su interpréter. Gratitude ? Amertume ? Les deux sans doute. Je lui lançai alors ces dernières paroles :
« Qu’Elendil guide tes pas ! J’espère que l’on se reverra !
- Moi aussi » dit-il et il mis sa monture au galop vers l’Ouest rougit par le coucher du soleil.

Je regardai alors mon nouveau compagnon. Ce bel alezan me conduira plus rapidement vers les Hautes Montagnes. Mais je ne repartirais qu’après une bonne nuit de sommeil. Je pris le cheval par la bride et le conduisis vers l’Oasis pour nous désaltérer tout en réfléchissant à la façon de le nommer. Je le dessellai et l’attachai au tronc d’un palmier. Je m’installai pour la nuit avec mon épée près de moi malgré la sûreté du lieu à laquelle je ne pouvais me fier. J’attendis que les étoiles s’illuminent, dis une prière et m’endormis promptement.

 

 

Chapitre 5

Le Village au pied de la montagne

 

    Je fus réveillée juste avant l’aube par un cheval. C’était l’un des chevaux des pillards. Il était lui aussi alezan mais il avait en plus de grandes balzanes donnant l’impression d’avoir marché dans un lac de lait. Il était légèrement blessé à l’antérieur gauche.

    Je me levai et m’étirai en respirant l’air frais du matin puis, je m’approchai lentement de l’animal en prononçant des mots elfiques pour l’apaiser et le soigner. L’autre monture piaffait, voulant sans doute rejoindre son congénère.

    Après avoir appliqué un baume constitué de plantes médicinales, je lui enlevai l’horrible harnachement et le crâne de Dragon qui ornait sa tête. Il appuya affectueusement ses naseaux sur mon épaule en signe de reconnaissance.

    Au-dessus de moi, le ciel était limpide et l’air transparent avec les teintes pastelles caractéristiques du lever du soleil qui pourtant tardait à venir. De gros nuages menaçants étaient accrochés aux sommets des Hautes Montagnes, si bien que le soleil ne se montra que bien après l’aube.

    Je détachai le bel alezan que j’avais nommé Brego, et j’enlevai son filet. Je n’en avais plus besoin : j’avais conquis sa confiance et la monte elfique se faisait sans attache. Je sautai donc sur son dos nu et il se mit au petit trot. J’eu la surprise de voir l’autre cheval nous suivre en boitant légèrement. Il n’avait pas l’air de souffrir mais je le surveillais tout de même.

    Nous allions bon train vers le Village. Nous nous arrêtions souvent à cause de la blessure qui se révéla plus importante qu’elle ne le laissait croire. Elle avait due être faite par quelque plante empoisonnée mais plusieurs applications de ce baume et beaucoup d’eau suffiront à en détruire les effets. Il ne resterait alors qu’une petite cicatrice.

    Habituée à la solitude lors de mes voyages, je goûtais pour la première fois à la joie d’avoir des compagnons de route. Bien qu’animal, la présence de ces Chevaux emplissait mon cœur d’une chaleur étonnante. C’est donc avec plaisir que nous continuâmes notre route à travers les Oasis de la Grande Plaine.

    Le soleil était déjà haut et descendait quand mes deux compagnons se mirent au petit galop. Je me laissai alors bercer par l’allure cadencée sentant Brego contracter puis relâcher ses muscles dans un balancement régulier et agréable. Je fermai les yeux et respirai l’air doux tout en appréciant ce rythme. Puis les foulées s’allongèrent de plus en plus. Sans le son des sabots sur la piste sableuse, je me serais cru sur le dos d’un Pégase survolant légèrement le sol.

    Mais après un long moment, le galop se fit plus irrégulier. Les équidés ne s’amusaient plus. Ils étaient nerveux et ils ralentissaient leur allure pour arriver au pas. C’est en ouvrant les yeux que je compris pourquoi. Nous nous approchions du Village… enfin, ce qu’il en restait…

 

    Des volutes de fumée s’élevaient vers le ciel et quelques foyers étaient encore en train de se nourrir des boiseries d’une maison. Les chevaux s’immobilisèrent. Je mis pied à terre en contemplant la désolation. Je déambulais aveuglément dans la ville ne croyant ce que je voyais. Le village qui était plein de vie et de chants n’avait pu disparaître ainsi ! Quel malheur avait frappé les habitants dont quelques corps gisaient encore ? Quelle force destructrice avait pu créer une telle désolation ? Aucune réponse ne vint à mon esprit… Cela faisait un moment que je marchais ainsi et je venais de réaliser que mes compagnons de route étaient restés à l’entrée du Village.

    Le ciel commençait à arborer ses couleurs du soir et les ombres s’agrandissaient peu à peu. Quand je vis, au bout de la rue que je traversais, une ombre étrange… non, pas une ombre… C’était un individu vêtu de noir, une sorte de capuche cachait son visage…s’il en avait un… Je m’approchais lentement en préparant mon arc que j’avais sorti en pénétrant dans le village. J’avais encoché une flèche, prête à tirer :

« Eh là, étranger, Qui es-tu ? »

Aucune réponse. Il se contenta d’avancer vers moi. Tendue, j’étais prête à lui faire goûter de ma flèche. Il n’avait rien d’une attitude offensive mais je me méfiais après les récents évènements.

Quand soudain, un chat sorti d’on ne sait où et fondit sur moi avec un miaulement irréel puis disparu. Surprise, je lâchais la flèche qui partit et, avec son sifflement caractéristique, elle se dirigea vers le cœur de l’individu en noir. L’étranger sembla alors absorber la lumière autour de lui, renforçant l’impression que les ténèbres émanaient de lui. Je compris immédiatement ce qu’il se passait. C’était un Initié de la Science du Mana. La flèche s’arrêta juste devant lui puis éclata en copeaux.

Il continua alors son approche… je regrettais amèrement de ne pas m’être entraînée depuis si longtemps au combat de magie…j’étais si rouillée ! Il leva alors un bras…Je me préparai mentalement à une riposte, cherchant dans ma mémoire un quelconque sort ou rituel pouvant me protéger… Je sentais déjà le pouvoir du Mana vert et celui du Mana blanc dans mon cœur quand…quand une voix familière me cria :
« Arrête ! N’utilise pas de Mana pour rien ! »

J’ouvris les yeux mais c’était trop tard. Je fus violemment projetée en arrière contre le mur d’une maison en ruine. Quelques briques me tombèrent sur la tête. Me levant lentement, une main sur le crâne, je répliquai d’un ton brusque :
« Si tu ne m’avais pas arrêté, je l’aurais utilisé ce Mana… Et puis, que fais-tu là, Exterminateur ?
- J’allais te poser la même question… Cela fait deux jours que tu aurais dû être sur les pentes des Hautes Montagnes !
-Des évènements étranges troublent ce monde

-Etranges ? Ailleurs aussi ?

Je lui fis alors un bref récit des premiers jours de mon voyage en détaillant l’Ombre Glaciale et les Pillards de l’Erg…Ou même Pouy…Mais sur ce point, il fut moins surpris que moi…
« Au fait, tu n’as pas répondu à ma question, Grhyll.
- Pardon, je suis ici pour voir où en est…en était la commende de bière. Cela fait trois jours que Dimup l’attend… et à la vitesse où Thanathos à finit la réserve… »

A ces mots, je souris légèrement… c’est donc de la bière que j’allais devoir payer…Nous continuâmes à parler longuement de la SMF et de ses habitants, à partager nos impressions sur la politique de la Ville.

Nous nous approchions d’une maison tenant encore debout par je ne sais quel miracle quand un vieil homme surgit de l’ombre et m’agrippa férocement le bras :
« Partez, fuyez, le Chaos est là, le Mal est de retour…disait-il de sa voix roque, partez…
-Calme-toi vieil homme, dis-je, et sois plus clair

-Laisses le et viens, me lança Exterminateur.
- Ô Noble Elfe et Puissant Mage, il est trop tard…partez avent le coucher du soleil…ou vous périrez !

- Explique-toi, je…nous pouvons t’aider…

- Non, pour moi, c’est fini. Ils m’ont pris la vue et une jambe… je mourrais ce soir…ils prendront mon cœur…Mais vous, fuyez…tant qu’il est encore temps…Il revient, dit-il en se tournant vers Grhyll, Il revient. Ni vous, Ni les Trois ne le vaincront cette fois…personne ne le peut…" »

Puis, il s’écroula, inanimé. Bouleversée par cette rencontre et intriguée par cette énigme, je me tenais immobile. Le mage noir me pria de reprendre notre chemin mais je voulais lui faire des funérailles à la manière des Hommes, bien que l’Exterminateur me soutenait que c’était inutile. Il ne réagissait pas comme d’habitude et avait l’air pressé que je parte. Je su alors qu’il me cachait des choses…. Comme la véritable raison de sa présence ici. Mais je n’allais pas tarder à savoir de quoi il retournait…

En effet, le soleil retirait ses derniers rayons du ciel et déjà, des sons étranges accompagnés d’un tremblement détruisant au passage quelques maisons se faisaient entendre. Mais cette situation n’avait guère l’air d’inquiéter le Mage…

 

 

Chapitre 6

Du Mana, un combat et des zombies.

 

 

Plus l’obscurité avançait, plus l’air était lourd et chargé d’une odeur de pourriture. Le sol tremblait furieusement. Nous vîmes alors un étendard surgir du sol, suivie de mains putrides et de coutelas ensanglantés.

   

Exterminateur avait l’air ravi de les voir. Il trépignait et me dit d’une voix enthousiaste :

« Tu devrais filer, j’en fais mon affaire…
- Ton affaire ? Le coupais-je. Non mais ça ne va pas ! Tu es devenu fou ?
- Non…mais file…
- Je resterai ici tant que tu ne m’auras pas expliq… »

Je n’eu pas le temps de finir ma phrase. Un mort vivant venait de m’attaquer par derrière et m’enserra le visage d’une main desséchée, l’autre tenant un poignard prêt à me trancher la gorge. Je vis alors Exterminateur de nouveau absorber la lumière autour de lui. L’emprise du zombie sur moi se fit plus faible puis, d’un craquement, il retourna sous terre.

Je repris ma respiration et sortis mon épée.

« Tu n’es vraiment pas bien toi…
- Moi ? Je t’ai prié de partir. Tu ne le veux pas ? Très bien, tant pis pour toi.
- Extermin… »

Encore une fois, je ne pu terminer ma phrase. La terre trembla à nouveau autour de moi. Mais ce n’était pas des zombies qui en sortaient. Une énorme palissade faite de poteaux en bois s’élevait maintenant autour de moi : un Mur de lances m’entourait. Je ne pouvais rien faire sans me blesser ou même me tuer. « Ah, Exterminateur…si je t’ai sous Elsila… » murmurais-je en donnant un coup de mon épée sur le mur de lance qui n’eu qu’une écharde en moins. Je m’assis donc à terre regardant le ciel voilé au-dessus du mur et écoutant le combat que se livraient les zombies et le Mage. Ne disait-il pas « face à un mage, utilise des techniques de mages ». C’est donc grâce au Mana que j’allais m’échapper… mais que faire contre un artefact ? La réponse me paru si évidente que je m’en voulais de ne pas y avoir songé auparavant.

Je me levai donc brusquement et me concentra. Il ne fallait pas faire d’erreur. Je n’avais guère envie de me refaire projeter dans les airs ! J’imaginais la Petite Plaine, ses herbes hautes et ses rares arbres…le Mana blanc commençait à battre dans mes tempes…Puis, la lisière de mes chères forêts avec ses grands arbres et sa végétation… le Mana vert s’ajouta alors. J’ouvris les yeux qui avaient maintenant des lueurs blanches et vertes, j’avançai les mains vers le mur en prononçant lentement et d’une voix basse « désenchantement »

Le mur se mit à trembler et s’enfonça dans le sol rapidement jusqu’à disparaître. Je vis alors Exterminateur de dos qui se débattait furieusement avec deux zombies, l’un devant lui, l’autre sur son dos. Je m’avançais alors avec Elsila et décapitai le mort-vivant sur le dos du Mage. Libéré, il se débarrassa alors du second et se tourna vers moi, l’air ahuri :

« Comment tu…
- un Désenchantement…mais là n’est pas la question… je déteste être mise à l’écart ainsi. Tu crois me protéger mais sache que je connais quelques tours aussi.
- Alors montre-le-moi » dit-il avec un sourire en regardant derrière moi. Je me retournai doucement et vis une centaine de morts marchant sur nous.

 

« La légion sectionnée …avec un Zombie récurrent vu sa tête , me dit-il, vas-y ma belle Elfe…je te laisse faire…
- Je n’aime pas ce ton sarcastique…tu te bats avec moi Exterminateur. Encore deux heures à tenir avant l’Aube… »

Mais le mage ne bougea pas. La Légion s’avançait sur nous…non…sur moi… ils avaient l’air d’ignorer le Mage qui recula, entouré de ténèbres.
« Aller, montre moi l’art Elfique ! »

 

Une peur m’envahi quand je vis la centaine de créatures s’avancer inexorablement vers moi…Prise de panique, je me murmurais des vers Elfiques pour me rassurer, puis, comme précédemment, j’imaginai les paysages de la lisière des Forêts et de la Petite Plaine. Lentement, j’ouvris les yeux et avançai les mains. Les créatures avaient pris au moins dix mètres. Puis, pour couvrir les grincements et les craquements, je criai d’une voix forte mais claire : « Bois Profond ». Le sol fut de nouveau prit de secousses. Des branches sortirent de la terre et en un instant, une immense forêt me séparait des premières créatures prêtes à me poignarder.

« Pas mal…mais pas suffisant, ce n’est qu’un rituel »

Furieuse qu’il ait raison, je cherchai quelle créature pouvait m’aider… Seule les créatures noires ou les artefacts peuvent m’être utiles…Or je déteste le noir…reste les artefacts. Je réfléchissais aux paysages qui me faudrait imaginer… Six lieux… Sic autres lieux que la Petite Plaine et la lisière de la forêt…Il fallait me dépêcher…déjà, les arbres commencer à disparaître.

Je pris ma respiration et me concentrai. Je vis Brinbois et ses petits et jeunes arbres. La Forêt de Krosia et ses puissants feuillus, Printarbre et son perpétuel printemps, puis la Grande Plaine et le Camp Daru (carnage terrain)… Il ne m’en manquait plus qu’un seul…ce fut, contre toute attente la Caverne Oubliée (carnage terrain) où j’avais trouvé refuge longtemps auparavant. J’ouvris les yeux et prononçai, alors que les arbres avaient disparu et que les créatures avançaient de nouveau, le nom de celle que j’invoquais :

« Golem d’obsianite »

Une imposante statue, les yeux rouges, apparut entre moi et les créatures qui ne se préoccupèrent pas du Golem atteint par le mal d’invocation. Un Zombie bondit sur moi avec son poignard et me fit deux entailles qui saignèrent immédiatement au bras. Je n’avais pu réagir… fatiguée par l’invocation dont je ne suis pas habituée.

Puis, le géant de pierre se retourna. La légion prit conscience de lui mais trop tard. Il s’abaissa et les envoya à terre du plat de la main. Ils retournèrent sous terre. Je pensais que j’avais réussi mais j’étais dans l’erreur. Il restait le Zombie Récurrent. Il profita de l’inattention du Golem, occupé à savourer sa victoire, pour fondre sur moi. Cette fois, remise de l’invocation, je sortis mon épée et le décapitai. Il s’enfonça dans le sol comme les autres.

J’entendis des applaudissements

« Bravo ! Vraiment, bravo pour ce spectacle !
- Oh… Exterminateur, n’en rajoute pas.
- Comment ? C’est comme ceci que tu parles à un ami ?
- Un ami qui voulait me tuer !
- Boaf, je ne voulais que…
- …que faire ton marché ici : « tiens, et si j’allais recruter une Légion sectionnée ? » …Tu me dégoûte.
- et toi, tu m’impressionne
- Quoi ?
- Oui, tu m’impressionne. Le coup du Désenchantement et le bois profond étaient logiques…Mais le Golem, fit-il en regardant le géant de pierre, très bon contrat de Mana !
- Euh…Merci, dis-je, septique et quelque peu gênée puis, je me tournai vers le Golem.

« Merci mon ami.
-De rien, c’est une joie de t’aider, Elfe » dit-il avec une voix profonde et rocailleuse. Puis, il s’évanouit dans un nuage de fumée.

Je me retournai vers Exterminateur et le fixai. L’air se faisait plus léger et l’aube grise s’annonçait derrière les Hautes Montagnes.

Mes pensées quittèrent le Mage et se fixèrent sur ma prochaine étape. Le problème était que je n’y avais pas encore réfléchi. Mon projet était d’arriver jusqu’ici puis de rester quelques jours afin de faire des provisions et me reposer…Ah, le repos. J’en avais bien besoin en ce moment. Le combat m’avait épuisé encore d’avantage. Mais il n’y avait plus rien ici. Il fallait me passer de repos, peut-être devrais-je…

« Eh oh ! A quoi penses-tu ?
-Pardon ? A quoi je…A ma prochaine étape et à un sommeil nécessitant du repos.
-Tu ne devrais pas rester ici, ce n’est pas un endroit pour le repos.
-Mm, je sais. Je vais chercher Brigo et son compagnon. Et toi, tes projets ?
-Mes projets ? et bien, je retourne à la SMF faire un rapport aux Trois Souverains et dire à Dimup de se trouver un autre fournisseur…
-Et ?
-Et…c’est tout…
-Mouais, « Ne te mêle jamais des affaires des Magiciens, ils sont astucieux et prompt à la colère » murmurais-je, me souvenant d’où provenait cette expression.
-Comment ?
-Rien. Sache juste qu’un Elfe perçoit beaucoup dans les silences et dans les regards…Même si je ne vois pas le tien. »

Nous avançâmes jusqu’à la porte du village et rejoignîmes mes compagnons de route qui broutaient paisiblement l’herbe au pied d’une grande falaise, signe du début des Hautes Montagnes. Les premiers rayons de l’astre solaire commençaient à dépasser les sommets et se réfléchissaient sur les nuages blancs qui les diffusaient dans le ciel. Après quelques mots, Exterminateur reparti vers l’Ouest refusant de prendre un cheval. Quant à moi, je me reposai un peu à l’extérieur de la ville en ruine, mangeant le Lembas auprès des équidés.

Je ne repris la route qu’en fin de matinée et empruntai un chemin plutôt accidenté à travers les montagnes, ne sachant pas quels dangers j’allais encore trouver.

A suivre

 

 

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Adrien Tonau 23/03/2006 18:28

Je dois t'avouer que retrouver magic dans les récits est assez plaisant... J'aime bien ton histoire mais c'est un peu flou : quand Arwen décoche sur le mage noir, elle n'a pas reconnu exterminateur ?

23/03/2006 22:42

et non, elle n'a pas reconnu Exter...

zordar 09/11/2005 13:07

Joli combat !Attention de ne pas rentrer trop dans les termes techniques.

c'est vrai que comme c'est un texte pour les chroniques guerrières de la SMF (www.smfcorp.net), c'est très accès Magic