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Le Blog d Arwen

L'aventure d'une Elfe - chapitres 10 à 12

25 Octobre 2005 , Rédigé par Arwen Publié dans #Vieux trucs plein de poussière

Le début, c'est ici.
L'épisode précédent, c'est par là


L'aventure d'une Elfe
Chapitre 10 à 12



Chapitre X

Le royaume perdu

 

    Les hommes courraient rapidement. Je pouvais les suivre grâce à mon pas léger mais je n’aurais jamais cru que cette espèce pouvait courir aussi vite sur un chemin aussi accidenté. Ils étaient totalement paniqués et regardaient sans cesse la machine volante.

    Nous arrêtions de monter. Nous étions certainement sur un plateau. Je ne voyais aucun signe de vie ou d’habitation et les Hommes continuaient leur course folle. Devant eux, les deux parois de la vallée déjà encaissée semblaient se rapprocher jusqu’à ne laisser un passage aussi large qu’un cheval de trait. Cette entrée déboucha alors sur un grand cirque et devant moi se présentait le village des Hommes.

    Autour de ce cirque, dans la paroi, des maisons troglodytes étaient creusées. Il y avait au centre quelques arbres et de la verdure ainsi qu’un immense jardin potager où des femmes s’occupaient de soigner les plants pendant que les hommes arrosaient une autre partie du jardin en prenant l’eau du puit central ou de la source qui jaillissait miraculeusement d’entre les roches.

    Des enfants qui jouaient devant les trois espions s’arrêtèrent pour leur laisser le passage, l’air intrigué par l’inquiétude de leurs aînés. Ils le furent d’avantage lorsqu’ils me virent avec les deux chevaux à ma suite. Cette curiosité gagna rapidement tout le village. Hommes et Femmes stoppèrent leurs activités et leurs bavardages. Mais cette curiosité vira à l’inquiétude puis à la panique lorsque deux des trois humains s’arrêtèrent et crièrent à la foule :
«Le sorciers de la côte…le sorcier et son nuages maléfique arrivent…cachez-vous tous, fuyez tous ! »

    Je décidai de suivre le troisième mais il me distançait à cause de la foule paniquée. Les mères appelaient leurs enfants, les familles courraient dans tous les sens pour rejoindre leur foyer et les hommes, probablement des guerriers, prenaient leurs arcs et lances et se mettaient à leur poste.

    L’homme que je suivais se dirigeait vers une sorte de magnifique palais dont la façade était creusée dans la roche. Il était aussi grand que la Pyramide de la ville des Trois Souverains. De superbes colonnes décoraient admirablement bien ce bâtiment et ne laissait pas indifférent le cœur d’un Elfe. Même le plus orgueilleux des nains ne resterait pas insensible.

    L’homme était essoufflé et se fatiguait vite à présent. Je commençais à le rattraper. J’étais juste derrière lui lorsqu’il rata une marche. Il serait tombé si je ne l’avais pas rattrapé. Je l’aidai à gravir les dernières marches et nous rentrâmes à deux dans le palais. Il se précipita vers une immense porte de bois blanc en face de nous. Nous débouchâmes dans une incroyablement grande salle creusée dans la montagne. Des colonnes soutenaient le plafond décoré de frises richement colorées contrastant avec le gris morne et sombre du reste de la salle. Elles racontaient l’histoire de ce peuple mais je n’avais guère le loisir de les étudier.

    Lorsque le coureur s’arrêta, il s’inclina vivement devant un vieil homme assit sur un trône d’argent dont les poignées étaient composées de rubis et d’autre pierres polis ressemblant à du mana inactif.

« Mon Roi…le sorcier arrive…dans quelques minutes, il sera sur nous… Que doit-on faire ? Quels sont vos ordres ? Demanda t-il à l’homme.
- Maudit soit ce mécréant…qu’il périsse avalé par un de ces Dragons des Mers Lointaines… Nous devons attendre et nous défendre…
Il se leva péniblement et continua
- appelles tous les combattants valides. Hommes et Femmes. Qu’ils préparent leurs arcs !
- Mais Sire, nous ne tiendrons jamais à ce sixième assaut !
-Pas de défaitisme mon garçon. Vas maintenant, que je vois quelle créature tu nous as amené » déclara-t-il en me dévisageant intensément.

    J’étais légèrement outrée par ce terme de « créature » Les Elfes sont plus nobles que de simples Hommes. Le coureur se leva, fit un salut à son roi, se retourna et me regarda à son tour, surpris. Il n’avait pas remarqué ma présence jusqu’ici. Il se remit à courir vers la sortie pour mener à bien sa mission.

    Le roi se tourna de nouveaux vers moi lorsque son sujet fut hors de vue. Il m’observait comme le ferait un écureuil face à une lame d’épée : avec curiosité et méfiance. Sa voix grave et aussi autoritaire que précédemment lança :
« Qu’es-tu pour nous importuner de la sorte ?
- Que suis-je ? Voilà une bien étrange question pour un souv…

-Réponds ! Hurla-t-il
-et bien ! Répondis-je passablement outrée par ce comportement mais essayant de rester la plus courtoise possible. Je vais vous répondre, puisque vous n’avez pas l’air de vous y connaître en « créature » de ce monde…
-Je…
-Hep, fis-je plus rapidement. Je me nomme Arwen, je suis Elfe de Profonde-forêt au-delà de Brinbois et voisin de la Krosia et fille de Enalir Seigneur de la Colline-aux-Erables. Je suis aussi émissaire de la Ville des Trois Souverains de la SMF, au centre de la Grande Plaine. Je cherche à rejoindre la Petite Plaine pour des affaires qui ne vous concerne en rien. Cela vous convient-il ?
-Je n’ai que faire de vos affaires et ne connais rien des lieux cités
Il s’arrêta et poursuivi quelque seconde après d’une voix plus timide et arborait un air gêné :
-mais, je suis confus de l’accueil que je vous ai réservé Noble Elfe…Mais comprenez qu’en ces temps de guerre avec ce mystérieux sorcier et le fait que je n’aie jamais rencontré de... d’Elfe.
-Cela n’est rien... »
    Un grand bruit se fit entendre suivi de hurlement et de sifflements de flèches. Le Roi pâli et était décomposé par la peur. Il me regarda et me supplia :
« Ô Noble Elfe, aidez-nous, aidez moi… je ne sais que faire…Ce sorcier nous attaque depuis trop longtemps avec des armes des créatures étranges et des forces maléfiques que nous ne pourrons jamais vaincre !
-Ce sorcier ne fait qu’utiliser la Science du Mana…Pourquoi ne faites vous pas de même ?
-La Science du Mana ? Mais le Mana n’est qu’un simple minéral tout juste bon à orner mon trône !
-Vous ne connaissez rien de la Magie ?
-La Magie n’existe pas voyons !
-Au contraire, Sire. La Magie est tout et partout. Sans elle, le monde ne serait pas…Ne sentez-vous pas une force étrange venant de la Montagne ?

-Certes…Donc, cette Force serait utilisable ? Voilà une bien incroyable idée…
-c’est pourtant le cas. Si ce sorcier a des pouvoirs, c’est grâce au Mana. Il l’utilise pour ses sortilèges et pour l’apparition de ses créatures grâce à l’apprivoisement ou aux pactes de Mana…mais ceci est trop technique pour être expliqué ainsi.
- On dirait presque entendre Tharic, murmura-t-il. Vous, Vous connaissez cette science ?
-Je la pratique, en effet…bien que je sois rouillée en ce qui concerne les duels…

-Aidez-nous donc ! Nous ne connaissons rien à ce sujet, nous sommes des proies faciles pour ce misérable…Ces histoires de magie n’existent que dans les Histoires que mon Conseiller essaie de traduire de ces murs. Ce sont les Histoires des Anciens. Elles parlent paraît-il de Légendes…
Je regardais ces frises et vis une personne intéressante :
-Lui, par ici est une Légende. C’est Gerrard de l’Aquilon… Je vous aiderais donc…mais à une seule condition.
-Oui, tous ce que je pourrais vous obtenir… dit-il avec inquiétude
-De la nourriture pour mon prochain voyage pour moi et pour mes chevaux.
-C’est tout ?
-oui
-Très bien ! Vous ferez aussi partie de ces légendes aussi !
-Très peu pour moi… Les honneurs ne me conviennent pas. D’autant que rien n’est gagné. »

    Je fus interrompu par un énorme cri venant d’une créature tombée contre le palais le faisant trembler jusque dans ces fondations. Un homme entra dans la salle, blessé, terrorisé et couvert de sang.
« Sire…il repart…Nous avons eu une de ses créatures…Il a dit qu’il reviendrait demain à la même heure… »
Le roi me regarda soigner l’épaule de l’Homme avec un regard implorant. Me relevant, je lançai d’un air assuré :

« Très bien, je serais prête… »

 

Chapitre XI

 

Thérantia

 

    Après un grand repas avec un Roi très tendu et muet, j avais dormis dans une somptueuse chambre décorée d objet d un artisanat humain ancien. Il y avait de magnifiques tapis dans toute la pièce et de nombreuses choses à l utilité douteuse étaient posées sur des meubles en bois précieux. Ils étaient gravés de fleurs et de feuilles, le tout vernis, faisant du plus bel effet. Au mur, des tapisseries décrivant des scènes de chasse dans une plaine et des tableaux aux sujets divers étaient accrochés. Mais un seul avait attiré ma curiosité. Il se trouvait juste en face du lit à baldaquin drapé de tissus de soie vert tendre. Il représentait fidèlement la forêt. L Homme qui avait peint ceci devait connaître les Elfes pour mettre dans de cœur et de talent pour un « simple arbre ». Car seul le contact avec les Elfes pouvait ouvrir l esprit des Hommes parfois aussi aveugle qu un gobelin en matière de beauté. Ils ne voient pas la Nature. Ils ne ressentent pas se force. La signature en bas à droite confirmait mon hypothèse, elle était écrite en Elfique Ancien, langue que je parlais dans ma lointaine enfance.

    Je me dirigeai vers la fenêtre. Ce n est qu à cet instant que je réalisai l heure très matinale à laquelle je m étais levée. Les parois du cirque cachaient le lever du soleil mais je devinai que l astre venait de paraître par la clarté du ciel limpide et par les jeunes rayons nouvellement nés qui touchaient doucement des nuages aux tons or et rosé.

    Mon regard quitta le ciel pour se poser sur la Grand Place nappée dans les ombres de la nuit qui se terminait et constellée de petites flammes allumées par les habitants craignant pour leur vie. J y vis l Arbre Eternel un peu à droite du centre de la Place. Il avait de grandes feuilles persistantes d un vert profond mais je doute que même un arbre caduc perde son feuillage dans ce cirque où il règne une douceur printanière dans cet hivers pourtant bien avancé et qui avait promis d être plus rude. Je promenais mon regard sur le vaste jardin où poussaient toute l année légumes et fleurs de toute sorte. Puis, je vis la porte. Des Hommes armés surveillaient l entrée. C est alors que je remarquai le prolongement de la ville sur la gauche de cette porte. Des dizaines de maisons dans la paroi étaient visibles mais il semblait plus que probable que d autres se situaient plus loin dans ce canyon. Ce n était pas un village ou une ville mais c était bien d un pays qu il s agissait.

 

    Après cette longue observation, je décidai d explorer cet immense palais et d y étudier les étranges frises de la grande salle. Je sortis lentement et silencieusement de la chambre. J étais à présent dans un long couloir. Tout était d un calme, un faux calme. Je sentais l inquiétude et la tension roder avec le léger courant d air qui me frôlait le visage.

    Après quelques minutes dans de nombreux couloirs aussi richement décorés que la chambre, je descendis un escalier en colimaçon. Il était creusé dans la montagne même, comme tout ici. Malgré l admirable fabrication de toutes ces pièces et couloirs, il semblait que l art de les construire était perdu dans les méandres de la mémoire des Hommes car certains détails de sculptures témoignaient du manque d entretient. J arrivai enfin dans le grand hall où j avais poursuivi le Coureur. J avais devant moi la porte de la salle du Trône d Argent. Elle était ouverte, j entrai.

    Dans la pénombre des colonnes qui ornaient la salle, j avais l impression qu elle avait grandi depuis le repas de la veille. L immense table de bois clair mise pour l occasion était débarrassée et il ne restait plus une preuve qu une réunion s était tenue ici même. Il ne s était rien passé d important à ce repas. Comme je le disais plus haut, le Roi et ses conseillers étaient restés aussi muets qu un poisson de la Rivière-d Argent. Je n ai juste appris qu un des conseillers était absent : le conseiller politique et Historien du Royaume. Il était parti de l autre coté du pays (donc du Canyon) pour régler une querelle de voisinage dans laquelle sa famille était concernée.

    J étais maintenant au centre de la salle. Au-dessus de moi, des peintures jadis somptueuses sans doute s effritaient avec le temps. Je me dirigeai vers ce qui m intéressait le plus : les frises historiques.

    Il était étrange de penser qu un royaume entier ne connaisse rien de la Science du Mana. C était d autant plus étrange lorsque de vis gravé à jamais dans la pierre le Pentacle aux Cinq Manas. Des descriptions en Langage Ancien expliquaient les bases de la Science, les Créatures et même l Apprivoisement, le Pacte de Mana et la différence entre Sorcier et Mage. Cette partie de la frise était entièrement dédiée au Mana. Comme toutes les autres se trouvant sur ce mur.

    Je me retournai donc vers l autre mur. Celui ci était consacré à l Histoire du royaume, le tout en Langage Ancien. J y appris que ce pays se nommait Thérantia « dans la montagne ». Il fut fondé après l Ere Glacière et prospéra longtemps, s agrandissant de plus en plus jusqu à être un passage obligé pour les voyageurs. Je me rappelai soudain le nom elfique qu on lui donnait : «Romeherui » ou «  Pays de l Ouest » car c était l accès aux terres de l ouest pour les Elfes.

    En poursuivant, j appris aussi que de nombreuses Légendes y séjournèrent comme Gerrard de l Aquilon et Sissay ou encore les malheureux Ixidor et Jeska alors inconnus et sans renommée, et même la Bénie Serra est venue.

    Thérantia était donc un royaume prospère et pacifique. Pourtant, la frise s arrêtait nette. C était durant le règne d un certain Onurin, fils d un grand magicien nommé Eldurin. Ce dernier ne m était pas inconnu. Un traité avait du être signé par ce roi. . .oui, c était bien cela, ma mémoire revint. Eldurin avait été un médiateur entre les représentants de la ville de Mésa et des Elfes Quirionnais. Un désaccord mineur et futile avait contraint les deux parties à prendre les armes. Ce n était qu après deux semaines de combats acharnés et d affrontements diplomatiques violents que Eldurin fit signer la paix. Mais sur la frise, après Onurin : plus rien.

    Je regardais ce bas relief attentivement. Elle m intriguait. Pourquoi l histoire s arrêter là. Que s était-il passé pour que tous ces Hommes oublient la Science du Mana d un seul coup ? Pourquoi même les Elfes (dont moi) avaient oublié cette ville ?

    Un bruit de pas derrière moi me tira de mes réflexions. En me retournant, je vis avancer vers moi un Homme d une vingtaine d années. Il portait l aube grise brodée de rouge des Conseillers du Roi. Il était relativement grand et ses cheveux blonds frisés et en bataille reflétaient le moindre rayon de lumière lui donnant une sorte d aura qui disparaissait une fois dans l ombre. Des binocles en métal noir cachaient ses yeux d un bleu azur. Il avait l air à la fois instruit et candide et sa démarche, quoique sûre était maladroite. Il s arrêta devant moi et s inclina :
« Mon Seigneur m a informé de votre volonté de me voir Dame Elfe. Dit-il posément avec une voix assez aiguë pour un Homme.
-Cela est bien probable. Vous êtes l Historien Royal ?
-En effet, je me nomme Tharic de Villoy et l un de mes rôles est de reconstruire l Histoire du Royaume. Mais c est une tâche difficile à accomplir : je ne suis que le deuxième historien depuis le règne de mon Seigneur. Et j ai encore du mal à traduire certains mots de la Langue de nos Anciens. . .
-Langage Ancien, corrigeai-je machinalement
-Vous. . .vous comprenez cette langue ?

-C est la langue précédant le Langage Commun. Mais où en êtes-vous dans vos recherches ?
-Et bien après quatre années d études, j ai déchiffré la majeure partie des frises mais des termes comme ceux parlant d une certaine Grande Magie me dépassent et reste le mystère d Onurin-le-maudit.
-Ce que vous ne comprenez pas au sujet de la magie est normal. Ce sont des termes techniques sur la base du Mana.
-En effet, rien de tout cela ne m est connu.
-Et sur l Histoire ?
-J ai reconstitué et retranscrit dans ces livres le début de Thérantia. Comme je vous l ai dit, il n y a que la fin que me pose problème. Il y a aussi les nombreux noms de personnes évoqués.
-Mais n y a-t-il pas un Ancien qui se souvienne de quelques choses du Passé ?
-Malheureusement non. Tout a été effacé, de la mémoire aux Grands Livres Blancs de la bibliothèque. Pas une inscription hormis ces frises.
-Il faut dire que même ma mémoire sur Romeherui me joue des tours...
-Les Elfes sont venus en effet. C est noté ici je crois...oui, ils ont planté le Grand Arbre en signe d amitié. C est de plus en plus étrange » se dit-il. Lorsqu il parlait, il perdait cet aspect candide et semblait avoir vieillir de dix ans au moins. De même lorsqu il m écoutait, il prenait des notes très sérieusement comme les Enfants-Elfes apprenant à reconnaître les arbres. « Gerrard, Sissay. . .Serra, Jeska. . .Urza, Ixidor. . .Ces personnes me sont totalement inconnues.
-Où avez-vous vu Urza ?
-Ici : « Urza le grand scientifique et constructeur de Machines est venu pour ses recherches de l année 4389 à l année 4399. . . »
-Avez-vous une idée de la date du cataclysme ?
-Du jour de l Oubli comme je l ai appelé ? Et bien ce serait vers 4402, après le départ d un certain Mishra, me dit-il en me regardant d un air interrogateur.
-Serait-ce possible que...
-Que quoi ? Ne me faites pas attendre ! »
    Mais notre conversation se termina ainsi. Des serviteurs préparaient le Déjeuner du midi et le Roi s installa à sa place, sur son Trône d Argent. Il nous invita à nous asseoir avec les Conseillers. L atmosphère, bien que tendue, était allégée par un ménestrel jouant de sa mandoline, chantant la gloire du ciel et de la course du soleil.

    En mangeant fruits et légumes du jardin et des pièces de viande de Bouquetins des Montagnes, je parlais à Tharic d Urza et de Mishra, de leur rivalité et de leurs Artefacts. Car il était bien possible que le cataclysme en question soit un disfonctionnement ou même un sabotage d un Artefact. . .rester à savoir lequel et où se trouvait-il.

    Le joueur de mandoline s arrêta net, et avec lui, toutes les conversations. Le Coureur s avançait précipitamment vers le roi, terrifié. Ses pas résonnaient dans toute la salle de façon terriblement lugubre. Il parla à l oreille du Roi qui pâlit immédiatement et avec lui les conseillers et Tharic. Ils avaient compris que le Coureur apportait un message du Mage. Le Roi se leva lentement, livide et le regard perdu dans une terreur folle :

    « Il...il est là...dans une heure...que l armée se prépare et que vous, Conseillers, allez vous abriter.
-Mais vous Seigneur, demanda Tharic. Il était visiblement très inquiet pour son souverain et lui portait un grand amour.
-Je dois me préparer à affronter cet ennemi car tel est mon destin. »
    J'étais émue du courage qui venait d apparaître dans sa voix. Il paraissait être un grand Roi comme il y en a dans les histoires.

    Les conseillers se levèrent et je me dirigeai vers le Roi qui s était assis lourdement sur son trône. Il semblait plongé si profondément dans ses réflexions que j hésitai à parler. Tharic était là.

« Mon Seigneur, je ne faillirais pas à ma parole, lui dis-je. Je vous protègerai du mieux que je le pourrais
-Noble Elfe, je vous ai embarqué dans cette histoire mais je ne vous retiendrai pas plus. Vous être libre de vos actes et de votre parole. Je suis prêt à faire face à mon Destin.
    Ce n était plus du courage mais de la fatalité. Tout espoir s était envolé.
-Je me suis engagée seule dans votre histoire. Et je désire y rester car je voudrai en connaître la fin et tel est mon rôle aujourd hui.
-Très bien, comme vous voudrez. Mais laissez-moi seul à présent »

    Et il s affaissa sur lui-même comme si les minutes s'étaient muées en années qui s écoulaient avec leur effet destructeur sur les Mortels.
Je sortis de la Grande Salle avec Tharic à mes talons :
« Noble Elfe, allez-vous nous aider ?
-Etes vous sourd Tharic ? Demandai-je d un ton léger, en souriant.
-Non, non. Vous êtes juste ma source d Espoir Dame Arwen.
-Et votre "source d'espoir" doit se préparer à affronter un ennemi. Apportez-moi un peu d eau claire et filez.
-Tout de suite ! »

    Et il courut. J'entrai à nouveau dans ma chambre qui n avait pas changé hormis les draps et la fenêtre ouverte qui, en ouvrant la porte, créa un courant d air frais du dehors. Tharic m'amena un verre et une cruche d eau du puit, s inclina et fila.

    Seule dans ma chambre, je m installais à terre devant le Tableau de la Forêt. J avais moins d une heure pour me concentrer sur les sorts que je connaissais et pour prévenir mentalement toutes les créatures apprivoisées et les personnes liées au contrat de Mana. Après cette tache qui dura une demi-heure, je me concentrai sur mon Mana.

    Puis, quelqu un frappa à la porte. C était Tharic :
« Dame Arwen, venez vite, le Sorcier arrive »

    Le Roi était sur le parvis de son palais. Les habitants étaient cachés derrière leurs fenêtres closes et les armes des gardes tremblaient dans leurs mains. J étais dans le hall, armée de mon arc et d Elsila. Tharic me disait que mes chevaux étaient en sécurité et il me suivit jusqu à la porte d où venaient les premiers cris et la voix du sorcier : « ...Roi fou, je t avais prévenu. Ta perte est proche... »

    J'étais maintenant au seuil de la porte. Le Roi était au pied de l'escalier, droit comme un i, le regard dénué de tout sentiment et paralysé par la peur.

    La Machine volante était là. Le sorcier, grand, roux et vêtu de bleu semblait ne pas m avoir vu. Le Mana bleu brillait dans ses yeux. Il venait d invoquer une créature : un Filemer changebrume. La créature était à l écoute de son maître qui lui donna l ordre d attaquer le pauvre Roi. L Illusion pris de l altitude puis descendit en pis vers le Souverain pour. . .disparaître dans un rayonnement de lumière aveuglante.

 

 

Chapitre XII :

 Le duel

 

« Quoi ! » Brailla le Mage du haut de sa machine. Il était stupéfait et ne comprenait pas. Il resta quelques temps figé dans sa colère muette. Le Roi ne disait rien non plus. Il était soulagé et aussi étonné que le Mage.

    Sa peur le quitta un instant lorsqu’il se retourna et me vit lui faire un clin d’oeil. Il remonta l’escalier et se figea à mi-course entre la première marche et la porte. Il regardait le Sorcier qui ne comprenait toujours rien. Hésitant, ce dernier lança :
« Alors, vieux roi, tu connais la Magie ? » Le roi resta muet, sa peur revenait en lui. »Et bien, dit-il avec un ton retrouvant son autorité orgueilleuse, tu périras d’autant plus vite… » sa voix se fit alors forte et menaçante « Tu observeras le sort que je réserve habituellement aux mages que je défie ! »

    Le roi fut alors pris de panique. Il se retourna vivement et se mit à courir vers son palais, bousculant violemment Tharic qui était resté sur le seuil de l’immense porte d’entrée. Le mage bleu eu l’air satisfait de cette fuite et se mit à rire. Un rire sonore et guttural qui se répercuta sur les falaises de la gorge. Il s’adressa alors aux habitants prostrés dans leur foyer :
« Voilà le petit sorcier qui se débine ! Voilà le vrai visage de votre roi : un vieil homme gâteux et incompétent de surcroît! » Et il se remit à rire de plus bel. Tharic ne tenait plus derrière moi. S’il avait pu, il se serait jeté dessus. Je le priais silencieusement de rester là où il était, ce qu’il fit à contre cœur, bouillonnant de colère : on avait insulté le Roi.
« Ce sera donc encore plus facile que je ne l’avais cru ? Ne ferez donc vous rien, misérables villageois que vous êtes ?
- Tu te trompe, fis-je en avançant tête baissée, le royaume de Thérentia est sous ma protection. Lui, son Roi et son Peuple.
- Qui a parlé ? Demanda le Mage se retournant vers moi avec surprise. Qui es-tu guerrier ? »

    Je levai la tête lentement afin de capter son regard. Il soutint le mien quelques secondes puis se détourna, une lueur de peur s’étant mêlée à celle du Mana dans ses yeux. Il essaya de retrouver un ton menaçant mais ne réussi qu’à émettre un son éraillé par la peur de l’inconnu. Visiblement, c’était sa première attaque à une chose nouvelle.
« Je répète, Qui es-tu Elfe ?
- Mon nom, tu le sauras peut-être une fois que je t’aurais vaincu Sorcier. En Déclarant une guerre que nul Thérantiens ne peut supporter, tu m’as déclaré la guerre…. D’autant qu’une de tes créatures est morte…continuons donc ce duel dans les Règles de la Science. »
Les yeux du Sorcier s’enflammèrent de colère et d’un goût de défi :
« Très bien Elfe, allons vers ta perte ! »

    Un silence régna. Le silence d’avant une bataille. L’air en était saturé et immobile hormis un Mur. Mon Mur d’air que le Mage n’avait pas remarqué, ce qui était positif pour moi.
    Il se prépara à invoquer une nouvelle créature. Elle apparut sans qu’il dise son nom. La chose était nappée dans une sorte d’ombre : c’était une Mue.
« Boomerang » comme une tempête m’inonda l’esprit. Une odeur de sel et d’iode se fit sentir et mes yeux se tintèrent de bleu. La créature fut absorber par un nuage de fumée. Il n’avait donc toujours pas de créature…Mais mon Mur ne pouvait pas attaquer… Il me fallait récupérer le mana utilisé rapidement et réfléchir à une créature pouvant m’aider.

    Le sorcier fut mécontent de la disparition prématurée de sa Mue mais il n’était pas inquiet. Il me testait comme on teste un cheval inconnu, pour voir ses réactions. Il en invoqua une autre « Elémental d’air »

    Du ciel, une silhouette féminine apparue. Cette créature avait le vol mais n’était pas un danger pour mon mur…à moins qu’il la renforce. Il me fallait frapper fort et maintenant. J’aurais le temps d’appeler une créature plus tard. Je fit usage d’un nouveau sort : Je me concentrai puis fis comme si j’avais un arc. Je bandai la corde imaginaire, ce qui amusa le sorcier. Puis, je laissai partir la flèche inexistante en prononçant « Autodafé de livre. »La flèche se matérialisa alors dans une matière faite de magie pure. Si le Sorcier ne faisait rien, le sort lui infligerait une sorte d’amnésie qui l’empêchera d’utiliser la tactique qu’il venait de prévoir. Si au contraire, il voulait garder cette idée, la flèche lui infligerait de dangereux dégât… il réfléchissait à ces possibilités alors que la flèche se dirigeai inexorablement vers lui et en accélérant. Alors qu’elle était à 50 centimètres de lui, il pencha l’épaule gauche. La flèche s’y ficha dans le bruit caractéristique d’une arme qui transperçait la chaire. Le sorcier hurla, faisant sursauter Tharic qui était à quelques mètres de moi. Le Mage serait les mâchoires : 

« Tu es forte…oui, et redoutable. Mais saches que je n’ai jamais été vaincu Femme Elfe
- Mais il y a un début à tout, dis-je calmement, et si tu n’es pas sur de toi, tu peux encore abandonner…
-Jamais ! Invocateur, viens à moi ! »

    Un homme aux cheveux blancs et longs apparu. Il était vêtu de bleu comme son maître et muni d’une étrange canne : l’invocateur braisillaile.

« Elemental ! Attaque cette créature des forêts !! »

    La silhouette se dirigea alors ver moi dans un courent d’air…Mais, après un geste imperceptible de ma part, mon Mur s’interposa. Le choc fut rude mais il tint bon…pour l’instant. Le Sorcier réalisa son erreur…mais il ne la commettrait plus désormais.

    A présent, le Mage avait l’Invocateur braisillaile, un redoutable sorcier qui, avec un apport de Mana avait son pouvoir renforcé et le vol. Les Sorciers de son rang étaient mercenaires et dangereux. Mais c’était à mon tour. L’Elémental étant contré, il ne me poserait pas de problème…Avec un seul mur, il était dur de survivre longtemps. Je devais réfléchir et vite.

    Une idée me vint alors. J’étais en forme et la totalité de mes capacités magiques pouvaient me permettre d’invoquer quelque chose de grand…mais de caché…Je mis à contribution la quasi-totalité de mon Mana.

Maîtresse Elfe ?
Viens à moi sous ta forme cachée
Bien Maîtresse, ma force est votre


    Une ombre apparue entre le sorcier et moi. Le Mage se tenait prêt mais aucune créature n’apparut vraiment. C’était une Mue. Je fus alors prise de vertiges et d’une grande fatigue. Tharic vint pour me soutenir, je le repoussai gentiment.

    Le Mage, me voyant ainsi, su que la créature devait être puissante. Cela ne l’empêcha pas de profiter de ce moment de faiblesse. Il donna du pouvoir à l’Invocateur. Le sorcier s’inclina avec reconnaissance et fut nimbé d’un bleu abyssal et des ailes, telles celles d’un insecte bleu lui apparurent dans le dos. Il s’éleva de quelques pieds et attendit que le Mage lui demande d’attaquer. Ce qu’il fit rapidement.

    L’invocateur s’approcha vivement de moi en flottant dans les airs. Comme personne ne vint le bloquer, il se planta devant moi et jeta une sorte de boule d’énergie sur moi. Je ressentis une violente douleur traverser mon corps alors que Tharic et autres habitants assez téméraires pour s’approcher étouffèrent un cri.

    « Et voilà comment je mate les Elfes : en les abattant comme on abat une forêt ! » Jubila le Mage. Mais sa remarque ne me toucha guère : mon Mana était à nouveau à sa pleine puissance et les blessures subies n’étaient finalement que superficielles.

    Je fis alors apparaître une nouvelle créature. Le vent se mit à souffler doucement. IL était aussi doux qu’une brise d’été et emportait avec lui un chant mélodieux et divin. C’est alors que vint une femme en blanc. Une cape tout aussi blanche la suivait portée par le vent. Le Mage n’en cru pas ses yeux : La Muse née des vents se tenait là, à mes côtés. Elle me regarda avec ses yeux pétillants de bienveillance :

« Je suis avec toi à présent
- et je t’en remercie chère Muse » Je me détourna d’elle « Collet aérien »
Un filet de lianes se matérialisa dans mes mains et le lançai en l’air vers l’Elémental qui s’écrasa violemment au sol, mort.

    Le Mage était littéralement pétrifié par la surprise. Le doute se manifesta dans sa pensée. C’était en fait la première fois qu’il était en difficulté dans un duel. La première fois qu’il combattait un adversaire lui opposant une résistance si grande. Mais cela réveilla en lui un goût de défit. Il voulait vaincre, rien que vaincre pour avoir son Royaume…et il l’aurait…


 

 

 

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zordar 09/11/2005 13:39

Ah! Ca barde !!