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Le Blog d Arwen

L'avanture d'une Elfe - chapitres 7 à 9

25 Octobre 2005 , Rédigé par Arwen Publié dans #Vieux trucs plein de poussière

Le début, c'est ici
L'épisode précédent c'est ici

L'Aventure d'une Elfe
Chapitres 7 à 9




Chapitre VII

Entrée sur les Terres Gobelines.

 

 

    Cela faisait deux heures que j’avais quitté le Village en ruine. Le soleil était passé à l’Ouest et amorçait sa descente. Nous grimpions de plus en plus, mes compagnons et moi, vers le haut de la Montagne en empruntant un chemin en lacet et très accidenté. Mais les équidés avaient le pied sûr et ils m’emmenaient vers les hauts au pas mais avec une incroyable sécurité malgré le précipice à ma gauche et la paroi raide à ma droite. Les roches étaient d’un rouge sombre et semblaient composées de minerai de fer mais aussi de pierre de Mana…Ce qui n’était guère probable. Le Mana ne se trouve pas à l’état naturel…ou en tout cas, pas de cette manière.

    Les alentours semblaient vides. Il n’y avait aucun être vivant ni aucun bruit hormis celui des sabots des chevaux. Plus nous montions, plus la végétation disparaissait pour laisser place exclusivement à cette couleur rouge, entêtante pour un Elfe. Le vent devenait de plus en plus froid à mesure que nous avancions. Parfois, nous entendions l’écho d’une quelconque rivière souterraine qui sortait à l’air libre pour replonger dans les profondeurs de cette terre. Pourtant, je savais qu’il ne fallait pas se fier à cette illusion de désert…Je sentais d’ailleurs des regards nous épier.

    Autour de nous, il n’y avait que roches, falaises, à-pics et pitons rocheux. Nous continuions le chemin qui montait toujours plus et toujours plus fort. Je du descendre de Brego pour lui faciliter la tâche. Une sombre pensée m’envahit doucement. Si nous devions escalader une paroi verticale, les chevaux ne pourraient me suivre…terrible idée que celle de la séparation.

    Le Soleil était encore bien au-dessus de nous lorsque nous arrivâmes sur un petit plateau. Un torrent sortait des entrailles de la terre en une petite cascade d’eau pure. De la végétation poussait autour du cour d’eau sous forme d’une herbe rase et de petits buissons aux fruits rouges comestibles mais non goûteux. Nous nous désaltérâmes et restâmes un long moment dans cet endroit que l’on pourrait qualifier d’Oasis…en tout cas, cela en était une pour un Elfe.

    Ici, on entendait les sons de présence et de vie. Des empruntes étaient visibles. Il y avait des traces de bouquetins, courants dans cette région. Mais il y avait aussi, chose qui m’intéressait plus, des gobelins…Une dizaine était passée par ici deux jours auparavant. Cela fesait bien longtemps que je n’avais vu leur maître… malheureusement, le temps ne me permettait pas de m’attarder.

    Après plus ample réflexion, je décidai de passer la nuit ici. Je m’installai près d’une cavité dans la roche. Je n’allais pas allumer de feu…trop risqué. Je n’allais pas non plus oublier mes armes… beaucoup trop risqué.

    La nuit se passa finalement sans encombre. C’était une nuit calme et claire grâce à la présence de la lune dans son plein. L’air était pur aussi et l’eau me berçait de son chuchotement entre les rochers.

    Le matin clair était là mais le soleil avait peine à ce placer au-dessus des Montagnes si bien que nous marchâmes longuement dans les ombres qui peu à peu, se cachaient dans leur trou.

    Nous marchions depuis fort longtemps quand un grognement se fit entendre. Brego s’arrêta net. Le grognement recommença…mais se n’était pas un simple grognement…c’était un langage :
« Halte là, étranger des forêts…présente-toi »  dit le gobelin. Il était petit et vert, comme tous ses semblables. Il nous menaçait avec une lance dont la lame brillante présentait plusieurs tâches rouges qui avaient pour origine certaine quelques jus de fruits…Je lui répondit dans son langage que, pour plus de commodités, je transcris en Langage Commun :
« Je suis Elfe de Profonde Forêt, au-delà de la Forêt Quirionnaise. Je dois traverser ton territoire pour me rendre de l’autre côté des Hautes Montagnes et rejoindre la Petite Pleine.
- Moi, Piquier Gobelin, dit le gobelin en levant son arme, je ne peux accepter ta requête…mes ordres sont clairs : Non, tu ne dois laisser personne entrer pas ton poste qu’ils ont dit…alors j’obéis.
- Je n’ai guère envie de me battre aujourd’hui et guère le temps de décrire mon mécontentement à ton Maître…Laisses moi passer par les Trois Souverains…
- Qu’as-tu dit ? Demanda le gobelin les yeux écarquillés.
- …Euh, j’ai parlé des Trois Souverains et de ton maître…Pourquoi ?
- Connais-tu Sa Majesté Mon Maître ?
- Euh…oui
- Alors tu dois être l’Aimée de mon Maître !
- Pardon ?
- Mais oui ! L’Aimée de mon Maître ! l’Elfe dont il n’arrête pas de parler !

- …l’Aimée… incroyable… Mais assez bavardé, je dois te quitter ici, dis-je fermement en touchant mon épée.
- Bi-bien entendu, bégaya-t-il, sa lame tremblant entre ses mains, mais vos bêtes ne pourront pas vous suivre bien longtemps. Et surtout lors de votre retour, venez lui rendre visite… il se morfond de votre absence…
- Je n’y manquerai pas Dramir, je n’y manquerai pas. »
    C’est ainsi que je pénétrai dans les Terres Gobelines.

 

Après de nombreux Miles à travers les montagnes, je me rendis compte de la véracité des dires de Dramir…Devant nous, une immense falaise infranchissable pour des êtres à quatre pattes… Mais que pouvais-je faire d’autre ? Aucun autre chemin ne menait à la Petite Plaine… Le doute m’assailli. Je restai la devant la falaise tout le jour et une grande moitié de la nuit. Brego et Pied-de-lait broutaient paisiblement sur le plateau du Pays Gobelin…Mais que faire ? Au milieu de la nuit, je me décidai à dormir…La nuit porte conseil à ceux qui en demande.





Chapitre VIII

Perdue dans la montagne

 

    Cela faisait maintenant quatre jours et quatre nuits que nous nous perdions sur les chemins tortueux des Hautes Montagnes. Je n’avais aucun moyen de savoir où nous étions et mes vivres commençaient à manquer. Un nouveau jour semblait s’être levé. Le cinquième depuis mon passage devant Dramir le Piquier Gobelin. L’aube était grise et oppressante. Le vent était froid et piquant. L’hiver approchait à grand pas. Mais l’hiver des Hautes Montagnes était étrange. La neige et la glace peuvent tout immobiliser comme dans les récits des Anciens de l’Ere Glacière sur le flanc Ouest alors que cette saison semble ne pas exister sur le flanc est, vers la Petite Plaine.

    Nous avions tout de même de la chance de trouver les nombreuses « Oasis vertes » dans les montagnes. Cela en était réconfortant et reposant. Mais je me demandais souvent si j’avais pris le bon chemin, la bonne décision face à cette falaise. Mon cœur se faisait lourd maintenant. Jusqu’à présent, j’avais su gérer les défis et surpasser les épreuves que je rencontrais. Mais depuis mon entrée dans la Terre des Sommets, au-delà des Terres Gobelines, rien ne va plus.

    Cela avait commencé le matin devant la Falaise. Une bête, le Glouton à éperons avec son pelage noir et blanc, ses yeux rouge sang et sa mâchoire féroce, s’est attaquée aux chevaux. Le hennissement de mes compagnons m’avait réveillé en sursaut. La main sur ElSila, je m’étais levée brutalement et, après quelques secondes d’analyse, je m’étais opposée à la bête et une bagarre s’était engagée. Après dix minutes d’un combat acharné, j’avais eu raison de lui avec en prime une blessure. Mon bras gauche était gravement entaillé. Je ne mis en écharpe. Je l’ai gardé deux jours…

    Les deux jours suivants, je ne pouvais que fuir. Je n’avais plus de courage et la joie m’avait quitté. Je n’étais habitée que de sombres pensées qui me parlaient d’abandons et de fuite…toujours de fuite. Mais je restais. Dramir avait eu raison…mais je n’abandonnerai pas. Je changerai de chemin sans doute, mais j’arriverai à mon but.

    J’arrêtai soudain mes considérations philosophiques. Le chemin tortueux se séparait devant moi. D’autres questions m’assaillirent. Quelle direction prendre ? Le chemin de l’Est m’approcherait du bu mais à l’ouest, il était plus facile. Cela faisait une demi-heure que j’étais debout, indécise. Brego et Pied-de-lait broutaient les quelques brins d’herbes sèches coincée entres les rochers. Le silence oppressant était toujours là. Et tout était hostile.

    Je décidai de reprendre des forces et de suspendre ma réflexion. C’est à ce moment là que je me sentis observée…Au moins trois créatures. L’une en haut de la falaise, à ma droite. L’autre derrière, au niveau d’une cavité. La dernière à gauche, derrière les rochers. Je songeai de ne pas en tenir compte…enfin, plutôt de faire semblant de ne pas les savoir là. Je les surveillerai, le temps de mon repos, ne sachant pas leur volonté.

 



 

Chapitre IX

Mana rouge

 

    Je me sentais vraiment mal à l’aise dans ces montagnes. Le Mana rouge était si présent, si oppressant…j’avais finalement choisi le chemin qui mène vers l’Est. C’était encore un de ces chemins qui ne font que monter, tourner, monter encore et toujours plus. Mais nous tenions bon. J’avais repris espoir malgré les difficultés et je sentais de nouveau le Mana Vert et le Mana blanc majoritairement dans mes veines, mais aussi le Mana Bleu que j’avais apprivoisé, il y a un moment déjà.

    Lors d’un arrêt, je tentai d’étudier le Mana Rouge qui composait la Montagne. Car il était clair à présent que ce Mana était partout autour de moi. J’avais décidé de l’apprivoiser au lieu de m’y opposer. Cela m’aiderait sans doute pour la traversée de cette Montagne Terrible.

    Il m’arrivait souvent de repenser aux Règles et aux Leçons de l’Ancienne Magie données par les Grands et Nobles Elfes. J’avais quelques notions théoriques de l’utilisation de ce Mana ainsi que quelques sorts sous son influence mais aucune pratique. Il avait été décidé que je ne me consacrerais uniquement à l’association vert/blanc. Décision arbitraire que j’avais toujours eu du mal à accepter. Mais maintenant maîtresse de mes actes, j’allais pouvoir m’initier à ce Mana comme je l’avais déjà fait avec le Mana Bleu lors de mes visites sur les Iles Elfiques, au-delà des villes côtières des Magiciens. Mais ces voyages ne pouvaient plus se faire depuis la guerre entre les Elfes et les Sorciers…mais ces récits ne rentrent pas dans le cadre de mon aventure…j’en donnerais peut-être les détails un autre jour.

    Je sentis assez rapidement l’effet du Mana. Lors de mes voyages, j’avais acquis la faculté de contrôler rapidement le Mana. Je me décidai à lancer un sort simple… encore fallait-il savoir lequel… Pour cet essaie, je pris pour cible un gros rocher. Je ne voulais pas risquer de blesser quelqu’un…même pas ceux qui me suivaient depuis la Division du Chemin.

    Je me concentrai, visualisant les Montagnes puis la caverne oubliée. Ce n’est pas la meilleure méthode pour invoquer le Mana. Ce n’est pas plus La méthode des vrais Initiés du Mana. Mais cette méthode avait la qualité de ne pas trop fatiguer. J’avais utilisé l’équivalent de deux Mana Rouge… Il enflammait mon sang. Je dis alors calmement « Marteau Volcanique ». Un marteau en fusion se matérialisa entre mes mains. Je le pris et me dirigeai vers le rocher. Je frappai. Le rocher explosa alors dans un formidable bruit qui fit sursauter les chevaux et les espions. Ma victime de granite n’était plus qu’un tas de rocailles minuscules. J’étais fière de moi. Et après cette action, je repris ma route.

 

    Le vent était toujours aussi froid et le chemin toujours plus dur. Mais je sentais moins l’oppression du Mana Rouge et de son pouvoir. Au contraire, chaque nouveau paysage me permettra d’accroître mes pouvoirs rouges, à défaut d’avoir une Pierre Magique. J’en avais six. Deux Blanches venant de Clitar-nhé la ville blanche au Nord de la Grande Plaine, deux Vertes venant de la Colline-aux-Cédres et deus Bleues venant d’Enasil l’île Elfique de l’Extrême Ouest.

    Les inconnus me suivaient toujours. Je les sentais même s’approcher de plus en plus de nous. Je n’avais pas encore réussi à savoir qui ils étaient. Apparemment, ils ressemblaient à des Hommes. Mais eux avaient l’art de se fondre dens ces paysages. Sûrement grâce à la Traversée des Montagnes. Capacité qui me serait bien utile.

    Je fis de nouveau un arrêt. Les chevaux étaient fatigués. Je pensai alors qu’il faudrait nous arrêter jusqu’à demain. L’après midi était bien avancée et le soleil, encore haut, se dirigeait vers l’horizon caché par les montagnes.

    Je descendis de Brego qui partit avec Pied-de-lait en quête de quelques végétaux roussis. Je leur donnai du Lembas et en mangeai moi-même un peu.

    Je vérifiais mes réserves de nourriture dans mon sac quand le ciel s’assombrit. Le soleil devait être caché par quelques nuages. Mais quelle fut ma surprise quand les chevaux hennirent violemment ! Leur réaction était étrange, comme celle des Hommes…

    Ces derniers bondirent de leur cachette et accoururent à grand cri sur le chemin, complètement paniqués, laissant tomber leurs lances. Je levai alors les yeux pour identifier la raison de cette soudaine peur. Je vis alors un bien étrange nuage. C’était immense. Je décidai donc de suivre ces Hommes tout en gardant un œil sur l’étrange machine semblant tout droit sortir d’une de ces usines infernales des Anciens Sorciers.

A suivre

 

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zordar 09/11/2005 13:14

Une bonne alternance de moments calmes et d'acceleration du récit !